En Espagne, on parle espagnol, mais aussi basque, catalan et galicien. Des langues dites « co-officielles » et reconnues par la constitution espagnole.

Mais on oublie toujours le « bable », ou « asturien » pour les puristes. Le bable est donc la langue vernaculaire de la principauté des Asturies, un petit bout d'Espagne du nord baigné par l'Atlantique et coincé entre la Cantabrie et la Galice. Cela dit, c'est assez normal que l'on ne connaissent pas le bable : les Asturiens non plus ! La moitié du million d'Asturiens le parle et le comprend, un quart seulement l'écrit. En clair, le bable se perd. Un mouvement de sauvegarde du bable s'est donc mis en place et pour la 1ère fois dispose d'une majorité qualifiée au parlement local.  

Et que propose le parlement asturien pour sauver sa langue ?  

Il veulent à terme modifier le statut d'autonomie des Asturies pour faire du bable une langue co-officielle de la région. Ce qui signifie, par exemple, que tous les documents administratifs pourraient à terme devoir être publié en espagnol et en bable ! C'est une vieille histoire, la reconnaissance du bable : dès 1981, une académie de bable a été instaurée et les écoliers asturiens ont quelques heures de bable dans leur cursus. Mais ce n'est rien en comparaison des efforts fait pour le basque et surtout le catalan. Le gros mot vient d'être lâché : l'exemple ou le contrexemple catalan avec en ligne de mire, les prochaines élections régionales. Immédiatement, la droite asturienne a accusé la gauche de « dérive catalaniste » et la gauche, le droite de « franquiste ».  

C'est pas gagné ! La dernière fois que la question s'est posée concrètement, c'était le 28 janvier dernier au théâtre Campoamor d'Oviedo, la capitale. Le programme de ce soir-là a été diffusé en espagnol, en anglais et... en bable. Ça a été une bronca ! 

On part maintenant pour Turin en Italie où un musée se retrouve malgré lui au cœur d'une polémique assez nauséabonde...  

Le musée, c'est le célèbre musée égyptien de Turin, une des toutes 1ères collections au monde d'Egypte ancienne. Il y a quelques temps, le musée a eu l'idée d'offrir 2 billets pour le prix d'un aux ressortissants de pays arabes ou à ceux parlant arabe. Une sorte de prêté-pour-un-rendu : après tout, ce musée ne doit sa renommée qu'à des pièces venues d'un pays arabe, l'Egypte. 

Sauf qu'on est en pleine campagne électorale en Italie : les élections nationales ont lieu de 4 mars prochain. Dans moins d'un mois ! Et évidemment, il s'est trouvé un parti politique très marqué à droite, Fratelli d'Italia, pour hurler au racisme anti-italien. Ca sent mauvais la politique en ce moment en Italie avec Berlusconi qui promet de reconduire à la frontière 600 000 sans papier. Le musée lui a peaufiné sa réponse : son directeur est sorti à la rencontre des manifestants pour expliquer qu'il y avait aussi des promos pour la Saint Valentin ou les étudiants. « Protestez plutôt contre ces profiteurs d'amoureux ou de crâne d'oeufs ! »

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