Beaucoup en Europe avait misé sur Pedro Sánchez, flamboyant 1er ministre de gauche. Mais sur tous les dossiers, même les plus symboliques, il a déçu. Revue de détail.

Pedro Sanchez, le Premier Ministre de l'Espagne
Pedro Sanchez, le Premier Ministre de l'Espagne © Getty / Angel Navarrete/Bloomberg

Ce matin, direction l'Espagne où tout s'accélère : procès des élus indépendantistes catalans à Madrid, rejet du budget de l'Etat espagnol au Parlement et, du coup, probable convocation dès vendredi 15 février d'élections anticipées pour le 28 avril prochain !

Je rappelle que Pedro Sánchez, le Premier ministre socialiste, est aux manettes depuis à peine 8 mois. A la tête d'une coalition très à gauche qui promettait de faire de la politique autrement. Après tout il a tout juste 46 ans  le Ken de la politique espagnole.

Souvenez-vous : à peine au pouvoir, il décidait d'accueillir dans le port de Valence les 600 réfugiés de l'Aquarius, interdits de ports italiens par Matteo Salvini, tout juste nommé ministre de l'Intérieur à Rome. Une partie de l'Europe tenait son héros !

Franco toujours enterré au Valle de los Caidos

Prenons un exemple. Au début de son mandat, Pedro Sánchez avait promis que les restes de Franco seraient exhumés de l'énorme basilique du Valle de los Caidos, aux environs de Madrid, pour être transférés où bon le voudrait la famille du dictateur.

Souvenez-vous, tous les JT d'Europe, donc les nôtres, avaient multiplié les reportages. Les Européens apprenaient ébahis que le dictateur qui pendant plus de 40 ans a fait régner la terreur en Espagne était encore enterré là où il l'avait lui-même décidé.

C'est-à-dire dans un mémorial dédié aux morts de la Guerre civile, les deux camps confondus. Imaginez le maréchal Pétain enterré sous l'Arc de Triomphe, où Mussolini en plein Rome. Donc, justice devrait être faite et le dictateur déplacé.

L'impasse catalane

Eh bien rien… Franco repose toujours dans sa basilique de marbre. Pire encore, les Franco ont fait vivre un enfer à ce gouvernement, multipliant les recours et expliquant qu'ils avaient trouvé la tombe de substitution idéale  : la cathédrale de Madrid.

De la même manière Pedro Sánchez avait promis que la déclaration d'utilité publique de la fondation Franco serait invalidée. Toujours rien et donc, cette entité où les Franco ont cantonné l'essentiel de la fortune familiale peut toujours recevoir des subventions.

Mais le plus embarrassant, c'est qu'il devait au moins tenter quelque chose pour sortir de l'impasse catalane : indépendantistes contre unionistes. Or, rien ou presque n'a été fait. Pire encore, l'extrême droite en a profité pour renaître après 40 ans d'absence.

L'Europe entière et la "question existentielle"

En fait, toute l'Europe semble replonger dans ses pires contradictions. Partout, on se pose la même question existentielle et partout, les politiques semblent dépassés. A Londres, c'est le Brexit qui fouille l'idée nationale : en Europe, pas en Europe ?

A Rome, c'est l'italianité et le rôle de l'Etat qui travaille le corps social et aboutit à la ré-émergence de réponses simples à des questions complexes. Et à Madrid, c'est la Catalogne et la question sous-jacente de l'unité espagnole qui rend fou.

Ou encore Berlin et ses « Grosse coalition » qui s'essoufflent un peu plus à chaque élection. Sans oublier Paris, où les Gilet jaunes posent au fond la question si française et si cruelle de notre Contrat social

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