La sénatrice du Massachusetts vient de passer dans les sondages devant Joe Biden. Qui est-elle et a-t-elle ses chances ?

Elisabeth Warren, candidate à l'élection présidentielle américaine en 2020
Elisabeth Warren, candidate à l'élection présidentielle américaine en 2020 © Getty / Scott Eisen

Direction les Etats-Unis ce matin pour nous parler d'Elisabeth Warren. C'est la femme qui monte, côté démocrate, et pourrait ravir à Joe Biden l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2020. Elle est sénatrice du Massachusetts depuis 2012 et elle a 70 ans, ce qui, loin de l'handicaper, la fait paraître presque jeune. 

Côté démocrate, ses principaux adversaires s'appellent donc Joe Biden, l'ancien vice-président de Barack Obama, 76 ans, et Bernie Sanders, la sensation de la dernière présidentielle contre Hillary Clinton, 78 ans et une crise cardiaque il y a quelques jours.

Sans parler de son opposant principal, celui qu'elle devra battre véritablement, l'actuel 45e président des Etats-Unis, j'ai nommé Donald Trump et ses 73 ans bien pesés. Donc dans ce marigot de vieux crocodiles blancs, elle est une jeunette, Pocahontas. C'est Donald Trump qui lui a trouvé ce surnom. C'était il y a quelques années et c'était une façon de se moquer de sa prétention à descendre d'Amérindiens. Elle a été obligée de faire un test ADN qui a montré que rien en elle n'était Apache ou Comanche.

Or, aux Etats-Unis, Pocahontas est le nom d'une Amérindienne mythique qui, au XVIIe siècle, a choisi le camp des colons britanniques, s'est mariée avec l'un d'entre eux et s'est même convertie au christianisme sous le nom de Rebecca Rolfe.

Les sondages la mettent en tête, devant Joe Biden

Or, depuis quelques jours, dans la course démocrate à l'investiture, c'est elle qui vire en tête : cinq sondages nationaux la situe pour la première fois devant Joe Biden. Alors l'ancien vice-président n'est pas encore coulé, loin de là. Mais c'est un tournant...

Eh puis, il y a cette blague qui est devenue virale. C'était vendredi dernier : Elle était dans un meeting au format « town hall », c'est-à-dire face à des citoyens qui lui posent des questions. Mais une question lui a été posée par un journaliste, à propos de son opinion sur le mariage gay.

Immédiatement, cette séquence est devenue virale : elle a été vue plus de 24 millions de fois. Autrement dit, Elizabeth Warren, qui était donc plutôt connue des Américains pour être une des souffre-douleurs de Trump est devenue une battante et une star.

Elle est aussi un peu méprisante, cette blague... Si on y réfléchit, Elisabeth Warren fait rire son camp : les Démocrates libéraux pour qui le mariage gay est une évidence et une question réglée. Pour sa défense, c'est le cas d'environ 60% des Américains.

Mais c'est aussi vrai que cette façon de balayer d'un revers de blague ceux qui ont du mal avec cette modernité-là, a déjà coûté très cher aux démocrates. Rappelez-vous Hillary Clinton qui traitait en 2016 de « déplorables » les électeurs de Trump.

D'autant qu'Elizabeth Warren est une élue du nord-est privilégié des Etats-Unis – le Massachusetts -. Pas sûr que sa blague serait bien reçue dans l'Arkansas ou l'Alabama. Or, il lui faudra aussi convaincre une partie de cette Amérique-là si elle veut l'emporter.

Quand à sa désignation, je fais le pari qu'elle sera bien la candidate des Démocrates. Et pour une raison toute simple : si la santé de Bernie Sanders l'oblige à se retirer, c'est elle qu'il soutiendra. Or en ajoutant les deux scores, elle est clairement vainqueur.

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