L'OMS est-elle inféodée à Pékin ? Oui et non, mais couper les vivres de l'Agence onusienne est un sale idée. Ecouter plus attentivement les voisins de la Chine qui ont l'habitude des mensonges chinois est un bon moyen de mieux réagir.

Donald Trump, président des Etats-Unis, avec la task force Covid-19 le 13 avril 2019
Donald Trump, président des Etats-Unis, avec la task force Covid-19 le 13 avril 2019 © AFP / Jabin Botsford/The Washington Post

Rien ne va plus entre Donald Trump et l'Organisation Mondiale de la Santé, l'OMS. Le président américain qui a décidé de suspendre le financement de son pays à l'Agence onusienne et l'accusant d'être inféodée à Pékin. D'abord, ce n'est pas la 1ère fois que Trump s'en prend pour diverses raisons à l'ONU et à ses agences, et toujours en tapant au portefeuille. 

Les Etats-Unis se sont retirés en 2017 – grande année - de l'Unesco et du Pacte onusien sur les migrants et les réfugiés, puis en 2018 du Conseil des droit de l'Homme et de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens.  

Cette fois-ci, l'accusation c'est : l'OMS, c'est la Chine ; le Covid19 aussi. Or si les Etats-Unis semblent si mal préparés à la pandémie, c'est parce que la Chine et donc l'OMS ont fourni de mauvaises informations : donc, je mets en scène, ma colère et... pas un sou ! Mais le plus étonnant, c'est qu'il n'a pas entièrement tort...

L'OMS est née d'une initiative chinoise en 1945

L'influence de Pékin sur l'OMS est indéniable. D'abord, l'OMS est née en 1945 d'une initiative chinoise. Donc c'est un peu leur bébé et ce, depuis le départ. Ensuite, l'organisation a été dirigée entre 2007 et 2017 par une Chinoise : Mme Margaret Chan.

Enfin, le fait que l'OMS soit proche de Pékin correspond aussi à une réalité : la Chine populaire, c'est la 2e économie du monde et un sixième de l'Humanité. Mais Donald Trump a, une fois de plus, raison : les infos données par la Chine sur le covid19 ont été faussées.

Pékin possède une culture de mensonge statistique généralisée et ancienne : pourquoi donner les vrais chiffres puisque qu'ils peuvent être retenus contre vous ? Tout en Chine est politique, et plus encore les statistiques

A titre d'exemple, Pékin a arrêté de compter les décès dûs au covid-19, aux environs de 3 000. Au delà, c'est trop impressionnant et donc dommageable.

C'est là qu'intervient Taïwan et tous les pays et territoires frontaliers de la Chine ou de culture chinoise : Japon, Corée du Sud ou encore Hong Kong  et Singapour. Tous connaissent par cœur les approximations chiffrés chinoises. Surtout, ils savent parfaiement lire les signaux faibles de gravité sanitaire émis par la propagande de Pékin.

Un exemple : dès décembre 2019, Pékin évoquait brièvement une "pneumonie atypique" à Wuhan. Aussitôt Taïwan comprend, "pneumonie atypique" c'est l'euphémisme pékinois utilisé en 2003 pour le SRAS : ça veut dire réagir tout de suite.

Solidarité entre démocraties

Taïwan a aussitôt restreint les voyages en provenance et à destination de Wuhan et engager tout de suite le plan de crise sanitaire. Taïwan a même envoyé un courriel d'alerte à l'OMS le 31 décembre, qui est donc tombé dans un puit sans fond.

La Corée a aussi immédiatement réagi : elle a envoyé des espions à Wuhan en décembre qui sont revenus blêmes d'inquiétude. Même topo pour Hong Kong qui, depuis 2010, a déjà confiné sa population et fermé ses frontières avec la Chine par trois fois.

La solution n'est donc pas, comme Donald Trump, de couper les financements de l'OMS mais simplement de mieux se coordonner entre démocraties : ça tombe bien Taïwan, le Japon, la Corée et même encore aujourd'hui Hong Kong sont des démocraties.

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