Il n'était pas au débat et ne se présentera pas aux 4 premières primaires démocrates, mais Michael Bloomberg est l'éléphant milliardaire dans le magasin de porcelaine de la gauche américaine.

Michael Bloomberg, absent mais riche
Michael Bloomberg, absent mais riche © Maxppp / ZUMA PRESS

Le débat entre candidats démocrates vient à peine de s'achever... et pourtant il y avait un grand absent : Michael Bloomberg n'y était pas, comme il ne se présentera pas dans les 4 premiers Etats qui votent pour désigner le candidat démocrate à l'élection présidentielle américaine de novembre prochain. C'est étonnant pour un candidat sérieux :

Il est entré dans la campagne bon dernier, le 24 novembre, presque 6 mois après les autres, et ne se présentera pas aux suffrages des militants démocrates avant le 3 mars, le jour du fameux « super-mardi ». Ce jour-là, 14 Etats voteront ensemble.

Ce qui ne signifie pas que le milliardaire new-yorkais sera absent : on a appris hier qu'il allait dépenser 10 millions de dollars pour une publicité d'une minute pendant le « superbowl », la finale de foot américain et le show télévisé le plus regardé de l'année.

Un argument : l'argent mais son argent

Mieux encore son argent personnel et sans limite encore : c'est simple, il va dépenser plus en 60 secondes pendant le « superbowl » que Joe Biden, Elisabeth Warren et Bernie Sanders réunis depuis le début de leur campagne !

Depuis deux mois, il a dépensé en tout 170 millions de dollars en pub, dont 100 millions rien que pour s'en prendre au bilan et à la personne de Donald Trump. L'idée c'est grosso-modo la cour de récré. C'est même théorisé comme ça par ses stratèges.

Le mieux, c'est que ça marche. Dans les heures qui ont suivi l'annonce de cette pub à 10 millions de dollars, l'équipe de Donald Trump a annoncé qu'elle aussi avait réservé un emplacement pendant le « superbowl » et qu'elle dépenserait aussi 10 millions. Na !

S'en prendre à Donald Trump 

Non, bien sûr. C'est une stratégie en deux temps : d'abord s'en prendre à Donald Trump et le moins possible à ses concurrents démocrates, histoire de ne pas abîmer son message de rassembleur. Ensuite, se concentrer sur les primaires nationales.

C'est pour cela qu'il dépense pendant le « superbowl » : c'est un spectacle national. Il calcule que sa machine de guerre et de propagande sera arrivée à maturité pour le « super-mardi » alors que ses concurrents, eux, se seront épuisés en vaines attaques.

Et si l'on regarde les sondages, c'est plutôt une stratégie gagnante : pour le moment, les quatre principaux candidats démocrates s'annulent les uns les autres autour de 20% des intentions de vote. Elisabeth Warren empêche Bernie Sanders et Buttigieg, Joe Biden.

Roi ou faiseur de roi 

Bien sûr ! Le premier à s'en être pris au milliardaire, c'est le candidat très à gauche Bernie Sanders. Il explique à longueur de meeting, de « townhall » que Bloomberg veut « acheter » les primaires pour s'acheter la candidature. C'est de bonne guerre.

Il y a même un scénario du pire qui se dessine : aucun des 4 candidats n'aurait une majorité de délégués pour être désigné à l'issue des primaires et Michael Bloomberg en aurait assez pour être le « faiseur de roi » et rallier celui ou celle qu'il aurait choisi.

Quant à Donald Trump, il a déjà sa stratégie : marquer à la culotte les démocrates. Il y a des primaires dans l'Iowa le 3 février ? Il va multiplier les meetings dans l'Iowa. C'est la méthode Reagan : détourner l'attention des démocrates. Ne pas les laisser respirer.

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