Le Görlitzer est un parc du quartier berlinois de Kreutzberg : depuis des années, le deal s'y est installé. Les interventions de la police n'ont jamais réussi à déloger les vendeurs et leurs clients. D'où l'idée d'y créer des "zones de deal" réservées pour libérer le reste du parc.

Direction Berlin, où un parc veut réserver des emplacements pour les dealers. Il s'agit du parc de Görlitzer, le Görli pour les Berlinois. Un parc situé du quartier de Kreutzberg. Un quartier de bars et de restaus vegans ou de lounge à frühstück. Vous l'avez compris, c'est le repère des bobos berlinois.

Le Görli est donc un des poumons verts de ce quartier chic et bohème, très touristique aussi, mais c'est aussi un supermarché des drogues. Or, la cohabitation entre les familles, les promeneurs et les dealers ou les usagers de drogues est très difficile.

Cela fait des années que cela dure et le problème ne fait que s'aggraver. La police intervient régulièrement pour expulser les dealers et effrayer les clients, mais sans réels résultats. D'où l'idée de ces « places réservées » au deal.

L'intérêt de la mairie pour ces "zones roses" de deal

L'idée, c'est de délimiter des zones où les dealers et les consommateurs pourraient faire leur petites affaires tout en laissant le reste du parc aux promeneurs. C'est le directeur du parc qui en a eu l'idée en constatant la désaffection continue des Berlinois.

Il a proposé son idée au conseil municipal de la ville qui l'a plutôt trouvé intéressante. Sauf qu'il est allé un peu vite en besogne, M. le Directeur. Il a pris « l'intérêt de la mairie » pour un accord en bonne et due forme.

Il a pris sa bombe à peinture a tracé sur le sol du parc ses « zones roses ». Inutile de dire qu'aussitôt tracées, ces zones de deal ont fait réagir les politiques, la police et la presse. Avec quelques bons arguments en plus.

La police et les autorités se rebellent 

D'abord, le manque de concertation : quand on a un projet de ce genre, on en parle. Les premiers surpris ont été les dealers qui ont refusé de rentrer dans les petites zones roses réservées : les parquer, même dans un parc, ils n'ont pas apprécié.

Ensuite, il y a la police berlinoise qui explique que la solution est d'augmenter la présence policière, pas de créer une zone de non-droit. Enfin, il y a la déléguée aux drogues, Marlène Motler, qui refuse ce « permis de dealer ».

Enfin, il y les Berlinois qui ne manquent pas d'humour qui se sont demandés si la série américaine The Wire n'avait pas inspiré cette initiative. Bref, devant le tollé général, la mairie a retiré son soutien au directeur trop zélé du parc de Görlitzer.  

Zones franches pour dealers en Europe

Pas vraiment. Il y a bien la commune libre de Christiania, à Copenhague. Un quartier de la capitale danoise investi dans les années 70 par des squatters et des hippies où le cannabis est en vente libre. La police regarde ailleurs.

Il y aussi les fameux coffee shops néerlandais, qui ne sont pas de parcs, j'entends bien, mais l'idée est la même : cantonner le deal et la consommation de drogues dans des endroits clos, loin des familles et des passants.

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