A chacun ses fous de Dieu mais, au fond, le problème est toujours le même : loi divine, contre loi séculière ? La famille en question, les Beerepoot est d'origine Néerlandaise.

En Tasmanie, la Bible évoquée pour ne pas payer ses impôts
En Tasmanie, la Bible évoquée pour ne pas payer ses impôts © Getty / Chris Ryan

Elle a émigré dans les années 80 en Australie, puis en Tasmanie. Une famille très religieuse donc qui est devenu propriétaire de plusieurs domaines, dont une maison d'hôte et un magasin de miel. En clair, ils sont devenus apiculteurs. Et à partir de 2010, ils ont commencé à refuser de payer leurs impôts.

Leurs arguments sont assez originaux et sont résumé dans une lettre qu'ils ont récemment envoyé au Conseil Municipal de Chudleigh, où ils vivent :

La vision du monde que se fait la municipalité est que la « loi » gouverne la vie. Mais d'un autre côté, nous pensons que c'est Notre Père qui est aux Cieux qui nous gouverne. C'est Lui et Lui seul que nous adorons et seule Sa Volonté s'impose à nous. Vous nous demandez de nous incliner devant un faux dieu ce qui nous est impossible

Cette famille doit un peu plus de 10 000 dollars Australiens à la ville, c'est à dire plus de 7 000 euros tout de même ! Dans un premier temps, la municipalité a cherché à les convaincre, Bible en main, qu'il fallait payer : genre, « Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».

Rien n'y a fait, il a donc fallu en venir aux grands moyens, d'abord, la municipalité a saisi la voiture familiale, puis hier, la municipalité a décidé de saisir et de vendre les biens de la famille Beerepoot. Fin de partie donc pour les fous de Dieu

Mais ce qui est intéressant dans cette histoire, c'est que la décision n'a pas été unanime : elle a été acquise par cinq voix contre quatre seulement. Quatre conseillers qui voulaient s'en remettre à un juge.

En fait, la question que pose la famille Beerepoot est aussi ancienne que le monde anglo-saxon où a désobéissance civile passe souvent par des arguments religieux, certes, mais passe surtout par le refus de payer l'impôt.

A la naissance des Etats-Unis, avec le slogan « la tyrannie, c'est la taxation sans représentation ». Ou lorsque les opposants au Vietnam ont refusé de payer leurs impôts fédéraux et aujourd'hui contre Trump, certains ont décidé de faire la grève de l'impôt.

  • Une revue de presse en Grande-Bretagne

Un témoignage exceptionnel du Telegraph : la journaliste Josie Ensor a retrouvé en Syrie Mouawiya Syasneh, un des quatre gamins de Deraa par qui la guerre civile syrienne a débuté.

Rappelez-vous, en février 2011, quatre gosses sont arrêtés par la police dans cette ville de 100 000 habitants du sud-ouest du pays : on les accuse, quelques semaines après la chute en Moubarak en Egypte, d'avoir écrit des slogans anti Bashar el Assad sur les murs.

Toute la ville de Deraa se soulève et manifeste pacifiquement dans les rues pour exiger leur retour qui interviendra 26 jours plus tard. La police les rendra à leur famille, non sans les avoir torturé. Entre temps, tout le pays est descendu dans la rue.

Six années plus tard, le gamin de 14 ans en aura 20 en novembre : il n'a en fait jamais quitté Deraa alors que des trois autres ados arrêtés avec lui, un est mort au combat et les deux autres ont fui le pays. Lui a pris les armes à 16 ans et tué son premier homme à 17 ans.

Evidemment, il a abandonné l'école, son père qui s'était tant mobilisé pour le faire libérer, est décédé dans les combats. Fini ses rêves d'études et de devenir pilote, il a été blessé par un snipper six mois après s'être enrôlé et boite encore aujourd'hui.

La journaliste lui pose alors une simple question : referait-il aujourd'hui ses graffitis sur les murs de Deraa. Il réfléchit et répond : « en sachant ce que je sais aujourd'hui de la guerre, je ne pense pas ». Puis il se reprend : « sans révolution, il n'y a pas de progrès. Je veux qu'on se souvienne de moi comme ce gamin qui a apporté la liberté à son pays »

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