Elle avait été condamnée en 2003 à trente ans de prison pour avoir donné naissance à un enfant mort-né dans des circonstances dramatiques : à l'époque, elle avait dû être hospitalisée alors qu'elle perdait beaucoup de sang.

 Salvadoria Maira Veronica Figueroa (à gauche) est embrassée par sa mère après avoir été libérée de prison à Ilopango, au Salvador, le 13 mars 2018.
Salvadoria Maira Veronica Figueroa (à gauche) est embrassée par sa mère après avoir été libérée de prison à Ilopango, au Salvador, le 13 mars 2018. © Maxppp / ARMANDO ESCOBAR/EPA/Newscom

A l'hôpital on avait dû mettre fin à sa grossesse et constater la mort du fœtus. Aussitôt après, Maira avait été traînée devant les tribunaux et donc condamnée. 15 ans plus tard, elle a aujourd'hui 30 ans, la voilà enfin libre.

Son cas est loin d'être unique au Salvador. Elle appartient même à un groupe informel de jeunes femmes, dites "le groupe des 17", condamnée pour les mêmes raisons et dont un bon nombre reste aujourd'hui en prison.

Le Salvador est un le pays d'Amérique latine qui a la loi la plus dure sur l'avortement : interdit en toute circonstance, y compris en cas de danger pour la vie de la mère ou viol, et surtout lourdement condamné par les juges. Mais, même au Salvador, les choses changent. Les cas de ces 17 jeunes femmes ont tellement bouleversé et le pays et le continent que, comme vous, comme moi, tout le monde commence à trouver ces lois iniques.

A commencer par les juges, qui ont libéré, il était temps, Maira mais aussi il y a un mois une autre femme du même groupe, Teodora Vázquez, qui elle aussi avait été condamné en 2008 dans les même circonstances.

Le président du pays, Salvador Sánchez Céren, devant la mobilisation et l'indignation générale, a proposé l'année dernière le vote d'une loi assouplissant les conditions interdisant l'avortement. Une loi pour le moment bloquée au Parlement.

Mais ce n'est que le début d'un processus qui est en train de prospérer en Amérique latine : le Chili a déjà adopté une loi qui dépénalise enfin les IVG. Mieux encore : l'Argentine, le pays du pape François, s'apprête à faire de même !

Le 20 mars prochain, pour la huitième fois, un projet de loi autorisant l'avortement « légal, sûr et gratuit », sera présenté devant le parlement et le président Macri, pourtant de droite, a assuré qu'il ne s'y opposerait pas. La lutte des femmes n'est jamais en vain !

En Amérique latine, depuis dimanche, il n'y plus de présidente...

Depuis que Michelle Bachelet, la présidente chilienne, a donné le bâton de commandement à son successeur, Sabastián Piñera. Pourtant, il y a eu une époque pas si lointaine, jusqu'il en 2014 en fait, où quatre femmes dirigeaient un pays d'Amérique latine.

Il y avait Dilma Rousseff, présidente brésilienne de 2011 à 2016, Cristina Kirshner, présidente de l'Argentine entre 2007 et 2015, Michelle Bachelet donc et Laura Chinchilla, présidente du Costa Rica entre 2010 et 2014.

Aujourd'hui, retour à la case départ et masculine. J'ajouterais qu'en Afrique continentale aussi, le seule femme jamais élue présidente d'un pays africain, le Liberia, vient elle aussi de passer la main à un homme, l'ex footballer Georges Weah.

Et pourtant, il en reste une, une seule en Afrique : l'actuelle présidente de l'île Maurice, Mme Gurib-Fakim. Mais rien n'est gagnée : elle est poussée à la démission pour avoir trop dépensé avec la carte de crédit d'une association caritative.

Lundi elle a expliqué qu'elle démissionnerait, hier, elle a démenti et a promis de se battre pour demeurer à la tête de son pays et donc continuer d'être la seule femme présidente d'un pays africain.

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