Il s'appelle Saad, il est soldat, et il a de bonnes raisons de vouloir reconquérir Mossoul avec l'armée irakienne.

Capture d'écran de la vidéo de BBC News, du soldat qui retrouve sa mère à Mossoul.
Capture d'écran de la vidéo de BBC News, du soldat qui retrouve sa mère à Mossoul. © BBC News

En juin 2014, lorsque Mossoul, la seconde ville d'Irak, la sienne, a été prise par les djihadistes de l'Etat islamique, il a dû fuir, laissant derrière lui toute sa famille et notamment sa mère. Deux longues années se sont donc écoulées sans qu'il ait pu la revoir, elle et une grande partie de sa famille.

Puis vient l'heure de la reconquête : depuis quelques semaines, Mossoul est grignotée à l'Etat Islamique par l'armée et les milices irakiennes.

Comme souvent, les journalistes ne sont pas loin et notamment l'excellente BBC. Le correspondant est donc dans les parages quand Saad reçoit des SMS : sa famille se trouverait dans un convoi de bus qui fuit les combats.

Il aperçoit sa mère et lui tombe – littéralement – dans les bras.

Je n'oublie pas qu'il s'agit d'un reportage de la BBC, c'est-à-dire occidental, que près de 75 000 Mossouliotes ont déjà fui, que 700 000 civils y sont toujours pris au piège de combats qui durent depuis quatre semaines. Mais bon, un fils retrouve sa mère quelque part du côté de Mossoul et c'est toute l'humanité qui est un peu sauvée.

Alors il commence par errer de bus en bus, téléphonant aux uns, se renseignant auprès des autres, suivi par le journaliste de la BBC. Et enfin arrive la libération !

On entend bien le « oummi », « maman » du fils mais vraiment allez voir les images. Celle qui tient le choc, c'est la mère. Le fils, le soldat, l'homme du groupe, est par terre en pleurs. Un gosse qui retrouve sa maman. Une scène universelle.

  • La presse internationale ne se remet pas de l'élection de Donald Trump

Quelquefois c'est utile de s'absenter un peu. En lisant les journaux, disons, de centre gauche ce matin, j'ai eu l'impression qu'une sorte d'Apocalypse trumpienne venait de s'abattre sur la Terre. Je comprends le désarroi de mes confrères mais l'accumulation de prévisions ébouriffantes et de commentaires apocalyptiques devient presque comique.

Pour The Independent, à Londres, l'élection de Trump a en quelques jours balayé 1 000 milliards de dollars en bourse. La ruine donc.

C'est d'autant plus grave, ajoute le quotidien, que Trump vient de se rendre compte de l'énormité du boulot qui l'attend : « il a été surpris d'apprendre qu'il lui faudrait remplacer tout le staff présidentiel ».

L'incompétence maintenant. « Et qu'il lui faudra compter sur l'aide de Barack Obama, un homme qualifié de "pire président de l'histoire des Etats-Unis" pendant la campagne ».

Voilà pour la vengeance. La peur maintenant : on la trouve en pages « opinion » du Guardian avec ce titre « Trump a le doigt sur le bouton nucléaire, qu'en fera-t-il ? ». Ou encore avec cet édito d'El País : « Anglo-saxons : la menace de la récession ».

Le combat intime ensuite, comme à la une du New York Times, ce témoignage : « Je suis musulman et mon coloc' soutient Trump ». Sous-entendu : comment dois-je réagir, va-t-il m'égorger pendant la nuit ou me dénoncer à l'immigration ? Il faut dire aussi que Donald Trump n'est pas homme à rassurer les échotiers : en nommant un chef de cabinet, « raciste d'extrême-droite » - ça c'est La Repubblica, en Italie, qui le dit, il provoque « la colère des Juifs et des Musulmans ».

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