Le héros malheureux de cette affaire s'appelle William Waack, un journaliste très respecté au Brésil et présentateur vedette du JT de la principale chaîne du pays : Globo.

Un vieux briscard du journalisme : 65 ans, ancien reporter de guerre, tout ce qu'il faut.

Il y a un an, il couvrait l'élection américaine en direct de Washington, à deux pas de la Maison Blanche. Un automobiliste se met à klaxonner juste derrière lui, ce qui a le don d'agacer William Waack. On est à quelques minutes de l'antenne.

Il se retourne pour regarder et dit :

Pourquoi est-ce qu'il klaxonne ce crétin ? Ah ok, je sais pourquoi : il est Noir. C'est un truc de Noir, ça »

Sous-entendu faire du bruit en dérangeant tout le monde.

Cette vidéo a un an mais sort seulement maintenant, parce que le réalisateur de ce direct de Washington, qui a enregistré ce dialogue ouvertement raciste, a eu peur de perdre son boulot. Il a attendu de ne plus travailler pour la chaîne Globo avant de mettre cette petite bombe sur le net.

Voilà pour l'histoire. Les conséquences pour le journaliste vedette ont été immédiates : il a été suspendu d'antenne cette semaine.

Mais ce qui est surtout intéressant, c'est la façon dont ont réagi les Afro-Brésiliens.

Le #C'estUnTrucDeNoir (#EcoisaDoPreto) est un hit sur les réseaux sociaux. Mais surtout, il a été détourné pour devenir une sorte d'étendard. Même Dilma Rousseff l'ancienne présidente brésilienne a tenté de surfer un peu sur la vague en twittant :

« Vous savez ce qui est un truc de Noir ? Lula est un truc de Noirs, Je suis un truc de Noirs, le Parti des travailleurs est un truc de Noirs ». 

Enfin, dernière chose, la situation des Afro-Brésiliens n'est pas du tout comparable à celle des Afro-Etatsuniens.

Au Brésil, Noirs et métisses représentent la moitié de la population du pays. Ça change tout ! Même si, encore aujourd'hui, on vit moins longtemps et on gagne un tiers de moins lorsqu'on est noir et si Brésil a été le dernier pays au monde à abolir l'esclavage !

En Chine du Sud : un combat inégal entre Jésus et le président Xi Jinping

On le sait peu mais dans le sud-est rural de la Chine, une bonne partie de la population est catholique et très fervente. Pour le Parti communiste chinois, qui déteste la concurrence quel quelle soit, ça a toujours été un problème.

Notamment parce que les évêques et cardinaux sont nommés à Rome – en secret d'ailleurs, « in pectore » comme on dit au Vatican. Mais la dernière campagne du PC chinois du canton de Yugan, dans le Jiangxi, dépasse la mesure.

Les cadres locaux du parti font le tour des maisons pour tenter de convaincre les habitants de remplacer le portrait de Jésus par celui du président Xi Jinping. Après tout disent-ils, celui qui a sorti le pays de la pauvreté, c'est Mr Xi et pas Jésus !

Cette campagne dure depuis mars dernier et ressemble beaucoup au bon vieux culte de la personnalité façon Mao. Le PC local assure qu'il a réussi à distribuer 1 000 portrait du grand homme. A mon avis, les habitants du Yugan ont gardé Jésus « in pectore ».

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