Pourquoi le 45e président des Etats-Unis était-il chafouin à Paris ? Un excellent article du Washington Post revient sur ce weekend de fâcheries et de ratage parisiens.

Le Washington Post est revenu hier sur la séquence française de Donald Trump : excellent papier, très bien informé, très bien écrit, du beau boulot ! Pas moins de 14 conseillers à la Maison-Blanche interviewés sous condition d'anonymat. Le tout pour répondre à une seule et unique question : pourquoi Donald Trump était-il chafouin ?

Tout le monde l'a remarqué : tweet pas très amène envers son hôte Emmanuel Macron, bouderie au moment de sortir de sa limousine aux Champs Elysées et, refus de se rendre à la cérémonie en hommage aux « marines » tombés au champ d'honneur à Bois Belleau.

Jusqu'à présent, tout avait été expliqué par des contraintes de sécurité – fortes il est vrai lorsqu'il s'agit d'un président des Etats-Unis. Même explication d'ailleurs pour le Bois Belleau : trop de pluie pour l'hélicoptère Marine One et trop loin pour la voiture.

Donald Trump a expliqué qu'on lui avait déconseillé le voyage

C'est pas tout à fait vrai. Selon le Washington Post, le « secret service » lui en a effectivement expliqué les contraintes : pluie, brouillard pour l'un, une heure de route pour l'autre. Mais c'est lui tout seul, comme un grand, qui a décidé d'annuler.

C'est si vrai que le lendemain, devant le désastre médiatique causé par cette absence, il a passé un savon à ses équipes en leur reprochant de ne pas avoir insisté pour qu'il y aille. Puis il a dégainé un tweet jurant que les services secret le lui avait interdit.

L'argument de Donald Trump tient d'autant moins que, sitôt revenu aux Etats-Unis, il a aussi annulé sa présence à la cérémonie du souvenir de 14/18, au cimetière d'Arlington cette fois. Or Arlington, c'est quasiment au bout du jardin de la Maison-Blanche.

Alors, toujours le Washington Post, il est parti pour Paris dans de très mauvaises dispositions. Sa défaite aux élections de mi-mandat l'a surpris. Malgré les sondages qui donnaient les Démocrates vainqueurs, il avait fini par croire qu'il les ferait mentir.

Donc, lorsqu'il a été clair que sa défaite était totale, voire historique puisque jamais le parti n'avait reculé autant depuis Nixon et l'affaire du Watergate, il ne s'est pas remis en cause : il a accusé son entourage d'incompétence et le monde entier de lui en vouloir.

La première à en avoir subi les conséquences, c'est Theresa May qui l'a appelé dans Air Force One, alors qu'il s'envolait pour Paris, et qui s'est pris un vent comme rarement : accusée d'être faible sur l'Iran, le Brexit et injuste sur les échanges commerciaux.

Emmanuel Macron éreinté sur twitter

Donald Trump s'est senti personnellement insulté lorsque le président de la République a parlé de ces « nationalistes » qui trahissaient « le patriotisme ». En plus, le 45e président des Etats-Unis n'est pas un grand fan des voyages officiels en général.

Mais surtout, des voyages où il n'est pas mis en majesté. Or le 11 novembre, il était là en spectateur, comme des dizaines d'autres chefs d'Etat, regardant le président français passer les troupes en revue, s'exprimant sous l'Arc de Triomphe. En clair, il s'est ennuyé.

Donc les midterms, la pluie et le brouillard d'un 11 novembre français, le discours d'Emmanuel Macron, le ratage de Bois Belleau : voilà pourquoi Donald Trump était irascible au point de gâcher la « bromance » entre deux présidents qui s'aimaient ta

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