La presse du monde entier est bouleversée par l'incendie de Notre-Dame de Paris. Revue de presse.

Notre-Dame de Paris
Notre-Dame de Paris © Getty / Richard Bord

Ce matin, le monde entier pleure sa cathédrale. A lire les quotidiens de la planète – qui, tous, de l'Amérique du Nord à l'Amérique latine, de l'Europe à l'Afrique et à l'Asie ont mis en une de leurs sites ou de leurs éditions matinales les images de Notre-Dame en flamme – c'est leur monument.

A la volée, quelques titres pour vous donner le ton du choc et de la peine qui s'est emparé du monde : « L'âme de Paris est partie en fumée » pour La Libre Belgique, Un « Je vous salue Marie » en Français dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung, le Soir de Bruxelles qui titre « Notre-Dame en Feu et nous voilà, nous aussi, éventrés » ; Pour O Globo au Brésil, cet incendie « est une nouvelle tragédie qui frappe Paris après les attentats meurtriers de 2015 » ; A Folha de Sao Paulo qui, après avoir veillé toute la nuit, conclut son direct par « la Cathédrale est sauvée ».

El Tiempo en Colombie qui passe en boucle les images et précise qu'il « ne restera rien du toit de la Cathédrale » ; Le Times of India qui consacre d'habitude si peu de place à la France et qui, malgré tout, met en une de son site la vidéo de l'incendie ; Et bien sur l'ensemble de la presse anglo-saxonne qui rivalise de superlatifs : le New York Times parle de « scène de destruction » ; le Washington Post de « dommages colossaux », le Guardian de Londres a simplement traduit le nom de Notre-Dame de Paris en anglais « our lady of Paris » ce qui donne un petit air familier, élégant et même mutin à ce monument plus de 8 fois centenaire ; et le Telegraph ajoute sombrement : « une dévastation qui nous blesse tous ». Donc Notre-Dame est bien la cathédrale du monde.

D'ailleurs, le Guardian ne dit pas autre chose dans son édito : « Cette cathédrale nous appartient à nous aussi Britanniques. Après tout elle est intimement connectée à l'histoire de l'Angleterre, de l'Ecosse et de la Grande-Bretagne. Henri VI y a été couronné roi de France, François II y a épousé Mary Stuart, reine d'Ecosse. Charles 1er, le plus honni de nos rois, s'y est marié aussi. Mais cette cathédrale n'est pas seulement dans notre histoire, elle est aussi dans nos cœurs. Elle est une part de notre patrimoine artistique commun, Elle appartient à notre civilisation européenne ».

Le Washington Post, dans son édito, est presque plus touché encore : « Paris a connu quelques moments de cauchemar récemment [avec les attentats de 2015], mais d'une certaine façon, il y avait une réalité réconfortante pour tous les Français : Paris est indestructible. C'est cette idée qui a brûlé hier soir avec Notre-Dame de Paris ».

Le New York Times est plus analytique : « Les Français ne vont plus à l'Eglise. Même si la majorité de la population se définie comme culturellement catholique, le France est un des pays moins religieux d'Europe. Et pourtant, le feu qui a pris hier à Notre-Dame a bouleversé tout le monde en France. Peut-être est-ce parce que cela rassurait les Parisiens de savoir qu'au beau milieu d'une ville si intensément planifiée, il y avait un édifice, Notre-Dame, une présence gothique et mystérieuse, qui n'était pas entièrement rationnelle et cartésienne ».

Pour la Repubblica de Rome, « ce n'est pas seulement la flèche et les toits de Notre-Dame qui se sont effondrés dans les flammes. C'est une partie de notre identité européenne qui disparaît parce que nous avons fait de cette glorieuse cathédrale l'un des symboles de notre civilisation, de cet héritage commun de valeurs, de sentiments et d'émotions qui s'agite en nous dans les moments les plus dramatiques. Comme une arythmie cardiaque qui ne peut être contrôlée, comme un réflexe conditionné de notre âme commune.

Je relève enfin le message du l'opéra de Venise, La Fenice, deux fois détruit par les flammes et deux fois reconstruit : « Nous aussi avons été dévastés par des incendies et chaque fois, nous nous sommes relevés. Cela vous arrivera aussi, n'ayez pas peur, amis Français ». Fenice en Italien, ça veut dire Le Phénix !  

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