En Chine, une start-up canadienne fait fortune en vendant de l'air frais

Dit comme ça, ça paraît délirant... Eh bien ça l'est ! Tout commence en 2014, dans l'Alberta, par une sorte de pari idiot entre deux copains : je parie qu'on va trouver des andouilles sur eBay pour acheter de l'air frais en cannette.

Ni une, ni deux : ils mettent en ligne une sorte de respirateur bricolé et le vendent aussitôt à des Chinois. Puis ils passent à l'étape supérieure, fondent Vitality Air, soignent leur inhalateur et promettent d'y enfermer « le bon air des montagnes canadiennes ».

Leur produit phare s'achète sur Internet et nos deux Canadiens sentent bien que le seul marché qui vaille est la Chine. Là-bas, les jeunes urbains chinois s'offrent l'air des Rocheuses canadiennes pour s'amuser entre eux de la pollution des villes chinoises.

Bref : un produit de niche pas donné d'ailleurs : compter 28 dollars canadiens, une vingtaine d'euros pour un lot de 2 « Lac Louise » à raison de 80 respirations par inhalateur. Leur entreprise augmente doucement ses ventes. Mais tout change brusquement le 7 décembre dernier : le jour où la ville de Pékin est mise en alerte rouge pollution.

Et pour 3 jours d'affilée ! Il faut dire que le niveau de pollution aux particules fines atteint 900 microgrammes par mètre cube. Pour vous donner une idée, le taux de particules fines fait en France la une des JT lorsqu'il dépasse le 100mg/m3 à Paris par exemple.

Or cette pollution épouvantable – 9 fois plus importante que le maximum parisien – et les mesures d'urgences prises par les autorités sont un vrai choc en Chine. D'ailleurs, les jours suivants, d'autres villes comme Shanghai ont aussi pris des mesures équivalentes.

Depuis cet épisode, les ventes de d'air pur canadien ont explosé. C'est simple : Vitality Air expédie 700 inhalateurs par jour depuis deux semaines. En clair, en Chine, ils sont passés de la blagounette entre amis au rayon des produits de 1ère nécessité.

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Revue de presse consacrée aux crevettes thaïlandaises

Tout commence lundi par la publication d'une longue enquête de l'Associated Press qui démontre qu'une des industries les plus profitables de Thaïlande utilise, pour pêcher et décortiquer ces fameuses crevettes, des esclaves birmans.

Ce qui est intéressant, c'est la façon dont cette enquête remarquable s'est répandue dans le monde entier. Dès sa publication, lundi, il faisait la Une de la presse thaïe. Celle par exemple, du Bangkok Post. Mais pour plus d'impact, un de ses volets de ce reportage est intitulé : « produit en Thaïlande par des esclaves mais consommé aux Etats-Unis ». Inutile de préciser que le lendemain, hier donc, toute la presse américaine reprend l'info.

Le Washington Post rappelle que les Etats-Unis achètent la moitié de la production thaïlandaise ; USA Today que ces crevettes se retrouvent dans tous les supermarchés . Enfin, US News and World Report que même les pâtés pour chats en contiennent !

Et l'Europe voit enfin ce matin arriver la déferlante. Avec, évidemment, l'Allemagne qui est toujours très sensible à ce genre de sujets. Je l'ai retrouvé dans la Berliner Zeitung avec ce titre : « les usines esclavagistes de la honte ».

Ou encore dans la Suddeutsche Zeitung avec ce titre : « des mains d'enfants esclaves dans l'eau froide des usines thaïlandaises ».

Mais aussi en Grande-Bretagne, dans le Guardian , et en Suisse, dans la NZZ de Zurich. Encore un peu de patience, ce sera bientôt en France !

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