A ce niveau d'habileté cela confine au génie.

La figurine Donald Trump fabriquée par Dragon in Dream à Hong-Kong
La figurine Donald Trump fabriquée par Dragon in Dream à Hong-Kong © AFP / ANTHONY WALLACE

Donald Trump et la Chine, c'est une vieille histoire: depuis 10 ans, depuis décembre 2006, le magnat de l'immobilier qu'il était alors, y dépense des centaines de milliers de dollars en procès. Pourquoi ? Parce qu'un petit malin appelé M. Dong Wei a enregistré la marque Trump en Chine pour tout ce qui concerne les projets immobiliers, 15 jours exactement avant Donald Trump lui-même. Deux petites semaines qui changent tout.

En Chine, le principe est simple : premier arrivé, premier servi. M. Dong Wei est donc propriétaire de la marque Trump, qu'il a d'ailleurs largement utilisé. Il existe des hôtels Trump en Chine que Donald n'a jamais autorisé et sur lesquels il n'a jamais touché un centime.

Evidemment, Donald Trump se bat depuis 10 ans comme un beau diable à coup d'avocats, de cours d'appels, de tribunaux divers et variés et, depuis 10 ans, il perd procès sur procès. Ce qui, entre nous, expliquerait peut-être sa détestation de la Chine.

Donald Trump perdait donc tous ses procès jusqu'à la semaine dernière. Surprise ! Pour la première fois depuis 10 ans, un juge donne raison à Donald Trump contre M. Dong Wei. Ce qui signifie que dorénavant, si personne ne fait appel – et croyez-moi personne ne fera appel – des royalties seront versées à la compagnie Trump.

C'est une bonne nouvelle pour le magnat de l'immobilier Trump mais certainement pas pour le président Trump. En lui donnant raison, les Chinois attisent le soupçon de conflit d'intérêts entre la politique chinoise des Etats-Unis et l'argent des Trump.

Mais jusque là, c'est juste un avertissement. Ce qui rend ce coup magistral et particulièrement retors, c'est qu'il n'y a qu'un seul usurpateur de la marque Trump. On compte en Chine plus de 225 produits affublés de la marque Trump.

On trouve des préservatifs Trump, des pacemakers Trump et même des toilettes Trump, qui utilisent la forme du « U » de Trump pour mieux évoquer une lunette de WC. Tous jurent qu'ils défendront leurs droits même contre le président des Etats-Unis.

Ce qui signifie des batailles judiciaires à n'en plus finir entre, par exemple, le fabricant de toilettes Trump et l'entreprise Trump. Un cauchemar pour un président en quête de respectabilité. C'est exactement ce qu'on appelle une torture chinoise.

  • Dans la presse: un article Brésilien

C'est même carrément un feuilleton que l'on trouve ce matin à la une de A Folha de Sao Paulo. Alors résumons les épisodes précédents : le nouveau maire de la mégapole, sitôt installé la semaine dernière décide d'en finir avec les graffitis de sa ville.

Il fait donc recouvrir de peinture grise une partie des fresques murales de l'avenue du 23 Mai. Dommage: ces graffitis sont des chefs d'oeuvre du Street Art enviés par le monde entier et qui sont une des fiertés de Sao Paulo.

Les artistes de rue se rebellent et commencent à répliquer en repeignant par dessus de nouvelles fresques et en rameutant le ban et l'arrière ban de l'art contemporain. Le maire, João Doria, dépité, critiqué voire ridiculisé, déclare donc forfait.

Mieux encore: il décide de payer les graffiteurs pour réparer au plus vite sa bévue : chaque fresque achevée sera payée par la mairie. L'opération commencera en mars. En fait, explique A Folha, il ne fait que reprendre la méthode de son prédécesseur.

Fernando Haddad payait en effet sur les fonds municipaux 700 euros par fresque. Ces mêmes fresques que le nouveau maire a recouvert de gris et qu'il s'apprête donc à payer une seconde fois. Peut-on imaginer début de mandat plus stupide et coûteux !

  • Une histoire au Liban, avec une décision historique du parlement.

Une décision annoncée en une de L'Orient-Le Jour: l'abolition, c'était hier, de l'article 522 du code pénal libanais. Un article de 1948, prévoyait qu'un violeur pouvait échapper à la prison s'il reconnaissait son crime et surtout, s'il épousait sa victime.

Cela faisait plusieurs semaines que des ONG locales menait campagne pour son abrogation : elles ont donc obtenu gain de cause et, mieux encore, ont aussi obtenu l'aggravation des peines pour viol sur mineur de 15 ans. Belle victoire donc.

  • Dans la presse Britannique.

Dans les pages de The Independent, exactement. Je ne sais pas si vous avez suivi la controverse sur la nouveau billet de 5 livres? Il se trouve que les vegans soupçonnent le nouveau billet ultramoderne à l'effigie de Sa Majesté de contenir de la graisse animale.

Cette petite merveille de technologie fait la fierté de la monnaie britannique : il est entièrement en plastique et, pour l'avoir eu entre les mains, c'est vrai qu'il est bluffant et, par exemple, infroissable.

Reste ces accusations des vegans, rejoints par les communautés hindous, sikhs et jaïns de Grande-Bretagne : on torture des animaux pour fabriquer de la monnaie. Ce qui, entre nous est une métaphore assez réussie du mal qu'on peut penser de l'argent.

Mise en demeure, la monnaie britannique a donc mené l'enquête. La conclusion est que,oui, de faibles quantités de graisse animale sont utilisées pour fabriquer ledit billet. La Monnaie de Sa Majesté va-t-elle modifier ses méthodes de fabrication ? Non ! Ou en tout cas, pas tout de suite: on ne changera rien pour le billet de 5 livres, rien pour le prochain non plus, celui de 10 livres qui sera dans tous les distributeurs dès septembre. Éventuellement, on sera quelque chose pour celui de 20 livres en 2020.

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