Après sa "défaite historique à Westminster", la chasse à la Première ministre est ouverte à la une de la presse britannique ce matin. Mais pas seulement : le petit gibier parlementaire est aussi visé au tromblon !

Chronique internationale 15-01

Défaite historique de Theresa May... La presse britannique est sévère ce matin...

C'est, de l'aveu même du Times, « la plus large défaite jamais subie par un Premier ministre dans l'histoire politique du Royaume-Uni ». Son accord de retrait de l'Union européenne rejeté par 230 voix de majorité : c'est du jamais vu !

Tous les quotidiens britanniques s'essaient au superlatif : la défaite est « colossale » pour le Guardian, elle est « accablante » pour le Telegraph, « écrasante » pour le Sun, « humiliante » pour le Mirror, et enfin « sans précédent » pour The Independent.

Mais le pire, ce n'est pas tant, explique le Guardian, « le coup porté à l'autorité d'une Première ministre qui a a passé deux années à négocier un accord avec l'Union européenne, qui, en substance, est l'inverse de ce qu'elle avait publiquement dit vouloir, pour finalement le voir rejeté par le parlement et surtout 118 des siens ».

Non, le pire c'est que « la Grande-Bretagne devra quitter l'Europe dans quelques semaines et que Mme May dirige un gouvernement désespérément clivé, un parti miné par les désaccords et un pays profondément divisé ».  

Relance : il n'y a pas que Theresa May qui essuie la colère des éditorialistes...

Il y a aussi, bien sûr, les députés eux-mêmes ! Le Daily Mail, par exemple, s'en prend bille en tête au personnel politique britannique : « a-t-on jamais vu un tel narcissisme politique et une telle indifférence de nos députés à la raison économique et à la réalité politique ? ». Et le tabloïd ajoute : « manque de volonté de compromis, trahison désespérée de leurs propres valeurs, jamais on a autant théorisé l'intérêt national pour finalement autant l'abîmer en pratique ».

Et le titre de l'édito du jour est encore plus cruel : « la Grande-Bretagne mérite tellement mieux que ces poseurs de députés narcissiques qui méprisent la démocratie ». Le Mirror a même fait plus fort : il a retrouvé le « patient zéro », celui par lequel le référendum, et donc le Brexit, est arrivé. A savoir l'ancien Premier ministre David Cameron :

« Pas une once de remord pour l'ex Premier ministre bronzé qui a divisé la Grande-Bretagne ». Pourquoi bronzé ? Il suffit de lire la légende de la photo où l'on voit David Cameron avec un regard de lapin pris dans les phares d'une camionnette : « David Cameron, sortant bronzé de son domicile londonien, de retour du Costa Rica où il a passé des vacances à 2 000 € la nuit ». Il aurait mieux fait de rester au chaud !

Relance : est-que certains esquissent des solutions ?

Ça dépend évidemment de quel point de vue on part : le Sun et son million et demi d'exemplaires est très clair : « jamais nous n'aurions pu soutenir cet accord. Il n'avait qu'une seule chose pour nous plaire : la date du 29 mars pour sortir de l'Union européenne. Une date claire pour en finir avec les manœuvres de ceux qui veulent rester dans l'UE pour revenir sur le non au référendum. Le Sun pense a contrecoeur qu'il vaut mieux désormais quitter l'Europe franchement, nous y préparer dès aujourd'hui et enfin, enterrer la hache de guerre ».

Par contre, si, comme The Independent, vous êtes un fervent soutien de l'Europe unie, la solution est toute trouvée : « un second référendum est la seule façon de résoudre l'impasse dans laquelle les députés britanniques ont plongé la Grande-Bretagne. D'une façon ou d'une autre, il faudra que la décision souveraine sur le Brexit repasse devant les électeurs. Tout simplement parce que le Parlement a démontré hier son incapacité à parvenir à un accord. Dans ces circonstances, aucun démocrate ne devrait refuser au peuple le droit de dire si oui ou non, il veut rester dans l'Union européenne ».

Et il y a encore une motion de censure à voter... aujourd'hui !

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