Des touristes entrent par effraction dans l’enceinte du Machu Picchu et dégradent une des merveilles du monde...

Les ruines du Machu Picchu (Pérou) dans la lumière de fin d'après-midi
Les ruines du Machu Picchu (Pérou) dans la lumière de fin d'après-midi © Getty / VW Pics

Les ravages du tourisme de masse

On le sait, le Machu Picchu est une merveille archéologique. Un endroit unique au monde qu'on ne peut d'ailleurs atteindre qu'après plusieurs heures de route et même de marche. C'est une destination touristique qui se mérite. 

C'est aussi un endroit extrêmement fragile que les autorités péruviennes ont à cœur de préserver. Or, il s'est trouvé quelques touristes assez peu scrupuleux pour entrer par effraction dans cette cité millénaire et pour la dégrader. 

Une bande de touristes chiliens, brésiliens, argentins et même français qui non seulement ont fait tomber une lourde pierre du Temple du soleil, mais en plus ont fait leurs besoins au cœur même de la cité inca. 

J'imagine qu'ils ont passé un sale quart d'heure au poste de police... Aussitôt pris sur le fait, aussitôt expulsés du pays. L'un d'entre eux, qui a avoué avoir organisé l'expédition, restera quelques semaines de plus au Pérou pour être jugé. Pour l'exemple. 

Mais le problème, en fait, est ailleurs.  Le problème, c'est évidemment l'explosion du tourisme de masse

En quelques années, le nombre de visiteurs au Machu Picchu a doublé pour atteindre un million de touristes annuels. Ce qui est à la fois une bénédiction pour l'économie locale et aussi un danger

L'UNESCO, dont c'est l'un des patrimoines mondiaux listés, a prévenu que la déforestation et l'urbanisation incontrôlée faisaient peser un danger existentiel sur le site. Les Péruviens ont d'ailleurs commencé à réagir et prévu de replanter un million d'arbres. 

La foule, toujours plus nombreuse, sur l' "Inca Trail" au Machu Picchu (cette photo date de 2012)
La foule, toujours plus nombreuse, sur l' "Inca Trail" au Machu Picchu (cette photo date de 2012) © Getty / VW Pics

Ce problème du tourisme de masse se pose dans le monde entier… Et les dégradations qui vont avec ! 

Les grafittis qui se multiplient sur les temples égyptiens, les déchets qui s'accumulent au pied de l'Himalaya. 

Et la réponse à ces nuisances est loin d'être évidente : en Italie, le village de Correno Plinio, un bijou médiéval qui surplombe le lac de Côme, a décidé d'imposer un droit d'entrée de 5€ à tous les visiteurs qui envahissent ses rues par cars entiers. Ça aidera à payer les frais induits par une telle foule : nettoyage, aménagement des chaussées et même renforcement de la force de police locale, chargée de canaliser ces flux de visiteurs qui souvent ne restent que quelques heures sur place. 

Comme à Venise avec une taxe pour les visiteurs d'un jour. Effectivement, depuis mai dernier, les touristes de passage s'acquittent d'une taxe modulée en fonction de la période de l'année : 3€ en basse saison, 8€ en haute saison et même 10€ dans les moments d'affluence les plus "critiques". 

En fait, jamais autant de visiteurs étrangers n'ont parcouru le monde dans l'histoire de l'humanité : en 2018, on a décompté plus d'1,4 milliards de voyages internationaux.  C'est trois fois plus que 1990

Ces chiffres peuvent paraître affolants, mais, pour ma part, je les trouve enthousiasmants : l'humanité voyage massivement mais elle se découvre aussi comme jamais avant dans l'Histoire de nos civilisations. 

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