Rapatriée de Lima avec son chaton, une jeune étudiante flamande a bien failli perdre son animal. La faute à une quarantaine de 3 mois non accomplie par l'animal. Heureusement que la diplomatie internationale est intervenue

Selena Ali s'est battue pour garder en vie son chaton ramené du Pérou
Selena Ali s'est battue pour garder en vie son chaton ramené du Pérou © AFP / NICOLAS MAETERLINCK / BELGA MAG

Il était une fois un chaton péruvien adopté par une jeune belge exilée à Lima. Choyé par sa maîtresse, le chaton Lee coule un premier mois paisible en pays inca. Puis vint le coronavirus et la possibilité pour Melle Selena Ali, d'être rapatriée en Belgique le 5 avril. 

Problème : le chat n'a pas accompli les trois mois de quarantaine exigés par l'Union européenne et le royaume de Belgique pour tout félin entrant en Europe. Impossible pour sa maîtresse de laisser le chaton Lee au Pérou : elle l'emmène avec elle.

La douane belge laisse d'abord passer l'animal...

Le chaton péruvien et sa maîtresse passent la douane belge sans contrôles. Un mois plus tard, début mai, les services vétérinaires belges, se rendant compte de la gravité de la situation et de la fraude, exigent l'euthanasie de l'animal.

La maîtresse a beau arguer que Lee a été vacciné contre la rage deux mois auparavant et que l'euthanasier serait ubuesque, ou surréaliste – on est en Belgique, rien n'y fait !

Pire : Denis Ducarme, ministre fédéral des Classes moyennes, des Indépendants, des PME, de l'Agriculture et de l'Intégration sociale et, en plus, en charge les services vétérinaires, défend son administration et veut la tête du chaton.

... Puis se ravise et exige la tête du chaton

Mi-mai, un juge anversois décide contre les autorités fédérales : non, le chaton Lee ne sera pas euthanasié. On est dans l'impasse, d'autant que la politique régionale s'invite dans cette affaire :

Le ministre flamand du bien-être animal, Ben Weyts, s'en prend à l'odieux gouvernement fédéral égorgeur de chatons. Et comme dans toutes les bonnes histoires, il faut un Deus ex Machina : ce sera donc l'ambassadeur péruvien.

Parce qu'au Pérou, cette affaire fait grand-bruit. Comment ! La Belgique soupçonne le Pérou d'être un pays peu sûr sanitairement et voudrait tuer ce fier citoyen d'honneur du pays des incas et des condors, à savoir le chaton Lee ! Insupportable !

Le Pérou sauve l'honneur perdu du gouvernement belge (et la vie du chaton Lee)

Le chaton Lee est en fait reparti pour le Pérou, dans une famille d'accueil pour achever sa quarantaine de 3 mois. Libre à lui, ensuite, de rejoindre sa maîtresse. C'est la solution diplomatique qui a donc été trouvée pour sauver la face de tout de monde.

Cette histoire est, en fait, indiscutablement belge : au travers du chaton Lee, les Flamands ont pu s'en donner à cœur-joie contre leur cible favorite : le gouvernement fédéral, son incompétence supposée, doublée d'arrogance et d'une cruauté sans pareille.

De plus, il se trouve que le ministre Ducarme, l'égorgeur de minets, est francophone alors que la gentille étudiante amoureuse de chatons péruviens est flamande, on obtient une comédie à la belge particulièrement, je vous l'avais promis, surréaliste.

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