Une revue de presse sera mondiale, à la mesure de l'émotion suscitée par les attentats de Paris

Pas un quotidien dans le monde qui n'ait fait ou ne fasse sa une sur les attentats du 13 novembre. J'en ai retenu deux : celle du quotidien espagnol ABC avec un immense drapeau français en berne et celle de la FAZ , drapée de bleu-blanc rouge avec ces mots très solennel pour un journal allemand : « guerre mondiale ».

Paris attentats : les capitales étrangères aux couleurs du drapeau français
Paris attentats : les capitales étrangères aux couleurs du drapeau français © MaxPPP

Ce matin, personne en Europe et dans le monde n'est encore « passé à autre chose ». Comme si la sidération devant tant de victimes au cœur de l'une des capitales les plus aimées au monde pour son art-de-vivre et sa beauté, ne passait pas.

Nathalie Nougayrède, ancienne directrice du Monde et aujourd'hui éditorialiste au Guardian, de Londres, décrit parfaitement ce sentiment de sidération : «Dans le quartier où ont eu lieu la plupart des attentats, un quartier qui mêle d'habitude joie de vivre et créativité, il est difficile de croire qu'une calamité vient de frapper. Le soleil était radieux, ce dimanche, et Paris était belle, comme toujours ».

En Espagne, dans les pages du quotidien El Pais, c'est un écrivain qui prend la plume

Julio Llamazares parmi d'autres pour un papier marqué par l'impuissance et intitulé : « Le Cheval de Troie ». Nous savons tous qu'il est impossible de se battre contre un ennemi qui vit en notre sein, qui n'a pas d'uniforme et qui est disposé à sacrifier sa vie. Contre cela, il n'y a pas de défense, quoi qu'en disent nos gouvernants.

Dans le quotidien brésilien O Globo , l'analyse est plus personnelle : « ce n'est pas le Paris des hôtels et des boutiques de luxe qui a été visé, mais celui des nouveaux Parisiens, du Paris ouvert et jeune, le Paris de ceux qui prennent le métro. Ils ont tué des gens qui voulaient se divertir. Le bonheur n'est pas une idée bien vue des terroristes ».

Que dit-on dans la presse du monde arabe ?

Commençons par les pays qui nous sont proches : l'Algérie et la Tunisie. El Watan , à Alger, barrait hier toute sa une d'un seul titre : « La France Meurtrie » et note que « Paris est une ville fantôme avec ses grands magasins fermés, ses musées et salle de spectacles rideaux baissés ».

Pour le quotidien La Presse en Tunisie, il s'agit de « combattre l'ennemi universel » : « On peut vaincre l'ennemi extérieur par la voie des armes, on n'aura pas gagné la guerre. En revanche, maitriser le monstre intérieur confère une immunité globale. Et c'est le combat contre ce monstre qui n'est pas seulement un combat de la civilisation contre la barbarie, mais un combat au sein de la société et en chacun de nous ».

C'est un peu abscons, mais je crois que ça veut dire qu'il va falloir se battre sur tous les fronts.

Plus clairs sont les mots d'Issa Goraieb dans les pages de L'Orient – Le Jour , au Liban : « De la cocarde tricolore agressée, humiliée, endeuillée, c'est le rouge qui, aujourd'hui, se détache pour prendre la tragique vedette. Le rouge de tout ce sang impitoyablement versé par les terroristes. Le rouge qui réclame justice, qui veut savoir le pourquoi de cette nuit démente qu'a connue Paris, qui exige qu'on lui dise de quoi demain sera fait. »

Une histoire du jour espagnole liée aux attentats

Il s'appelle Alberto Pardo, notre héros du jour, et dimanche, en ouvrant sa page Facebook, il est tombé sur des dizaines de mots de condoléances de la part de ses amis et de ses proches.

En fait, et pendant quelques heures, Alberto a été inclus dans le triste liste des victimes des attentats de Paris. Il vit en France depuis 2012 et c'est par erreur que son nom y figurait. Les journaux espagnols n'ont pas cherché tout de suite à rectifier l'information.

Ses parents ont donc connu en quelques heures la tristesse d'apprendre la mort de leur fils et la joie de recevoir un coup de fils de sa part, dimanche matin. Il lui a fallu six heures, tout dimanche, pour convaincre tout le monde qu'il allait bien et que la nouvelle de sa mort était très exagérée.

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.