En mandarin, ça se dit "tongzhi'.

Xi Jinping au Palais de l'assemblée du Peuple à Pékin le 11 novembre 2016
Xi Jinping au Palais de l'assemblée du Peuple à Pékin le 11 novembre 2016 © AFP / Wang Zhao

Après tout, il est communiste le président Xi Jinping. Et les communistes entre eux doivent s'appeler « camarade », tovarich en russe, tongzhi en mandarin.

Fini donc l'ampoulé « Monsieur le président de la république populaire de Chine » ou « Monsieur le secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois » - il est les deux – placeau plébéien et amical « camarade ».

On comprend bien d'ailleurs l'intérêt de ce souhait présidentiel : depuis son arrivée au pouvoir, Xi Jinping a lancé à grand frais de propagande, une guerre contre la corruption et le train de vie luxueux des huiles du parti, ceux qu'on appelle les « princes rouges ».

Et en plus, c'est très pratique de s'en prendre à la corruption : ça permet de purger ses ennemis et de terroriser les 90 millions de membres du PC chinois qui, du coup, obéissent le petit doigt sur la couture du pantalon.

Le problème, c'est que le terme camarade était en désuétude depuis le milieu des années 80. Mais comme un mot aussi chargé ne pouvait rester longtemps inusité, d'autres se sont chargés de lui trouver un nouveau sens. Les autres en question, se sont les homos chinois qui, entre eux, ont commencé avec ironie à s'appeler « camarade ». D'ailleurs si vous tapez « tooong-sti » dans un moteur de recherche chinois, vous tombez sur des clubs ou des guides du gay-Pékin.

De plus, l'utilisation de ce mot valise a fini par déborder la communauté gay. Aujourd'hui, les Chinois l'utilisent pour désigner un homo, tout simplement, sans connotation péjorative. Donc, l'injonction du président Xi a fait rigoler toute la Chine.

Imaginez que François Hollande ordonne à tous les services de l'Etat de le désigner désormais sous le nom, de tante ou encore copine !

Mais surtout, ça montre combien le président Xi est déconnecté de la réalité. Enfin, et c'est le plus délicat : qui va se charger d'expliquer le problème au Président et risquer le sort réservé aux porteurs de mauvaises nouvelles, en Chine comme partout ailleurs ?

  • Une revue de presse martiale

Je suis tombé sur un article du Telegraph de Londres qui explique que la marine britannique n'aura bientôt plus de missiles anti-navires à tirer, pour cause de restrictions budgétaire.

Comme l'explique un officier supérieur de marine, dépité, « c'est un peu comme si on avait privé l'amiral Nelson de ses canons ». Trafalgar ne serait pas aussi bien passé pour la marine britannique, ça paraît assez évident.

Les navires de Sa Majesté n'auront donc plus que leur artillerie pour pleurer et tirer. Dans les pages du quotidien moscovite Kommersant cette fois, un article passionnant qui montre bien l'état d'esprit du Kremlin suite à l'élection de Donald Trump :

« Et si la Chine remplaçait demain la Russie comme adversaire en chef des Etats-Unis ? », c'est la thèse de Kommersant. Et on sent le soulagement, pour ne pas dire la jubilation, derrière chaque mot du papier.

« Donald Trump est plus un pragmatique qu'un idéologue », sous-entendu comme Barack Obama qu'on détestait à Moscou, « et Trump voit bien que la Russie ne menace en rien les intérêts vitaux des Etats-Unis ». La Chine par contre... aurait tout à craindre.

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