Quatre dollars, c'est la somme que, tous les ans, le gouvernement canadien verse à chacun des Amérindiens qui vivent au bord de la rivière qui relie le lac Supérieur au lac Huron.

Amérindienne du Lac Huron en train de construire un waginogan
Amérindienne du Lac Huron en train de construire un waginogan © Getty / Jeff Greenberg

Cela fait 167 ans que ça dure. Depuis qu'en 1850, un certain William Benjamin Robinson signait au nom de Sa Très Gracieuse Majesté la reine Victoria un traité permettant à la couronne d'exploiter perpétuellement les ressources de cette région du Canada.

En échange donc d'une somme forfaitaire et annuelle d'abord de deux dollars canadiens par Huron. Une somme relevée en 1874 à quatre dollars donc et depuis, jamais revalorisée. Autrement dit les héritiers des tribus signataires reçoivent toujours ladite somme.

Les Amérindiens du Canada concernés par ce traité ont décidé de porter plainte et de demander la réactualisation de cette somme aujourd'hui ridicule

Près de 580 000 descendants des premiers signataires touchent donc une annuité. Évidemment, des procès ont déjà eu lieu pour réclamer une augmentation. L’argument des Indiens est assez juste d'ailleurs :

Il consiste à dire que, depuis la signature, des milliards de dollars de profits ont été réalisés par les entreprises concessionnaires, en ressources naturelles, par exemple. Mais les Amérindiens ont toujours été déboutés : un contrat est un contrat, point barre.

Ce qui modifierait la position des juges cette fois-ci, c'est l'augmentation de 1874, lorsqu'on est passé de 2 à 4 dollars canadiens. Tous les autres contrats prévoyaient une somme fixe pour toute éternité. Sauf les deux contrats du lac Supérieur et du lac Huron ! Ces deux-là prévoyaient une revalorisation en fonction de critère précis. Une clause qui a d'ailleurs été une fois utilisée en 1874. Il y a donc un précédent et en droit, ça change tout... et ça pourrait coûter au budget canadien des sommes considérables. D'autant que les Indiens demandent revalorisation de leur annuité et arriérés depuis 1874 !

En fait, des traités comme celui-là, les Britanniques en ont signé près de 600 encore valables. Les fonctionnaires canadiens ont calculé que ça coûterait entre 500 et 1 milliard de dollars canadien au Trésor public. Début du procès ces jour-ci !

Du côté de Westminster

Du côté du palais de Westminster, à Londres, exactement, le siège du Parlement, chambre des Communes et des Lords. Les députés britanniques ont décidé, la semaine dernière, de s'offrir un parlement en plus.

Une réplique exacte de cette salle incroyable où il siège de la même façon depuis le haut moyen-âge, c'est à dire non pas en hémicycle mais face à face : opposition face à la majorité. Au milieu, le Speaker qui hurle : « order, order ! ». Le speaker, aujourd'hui c'est John Bercow.

En fait, ils se sont rendus compte qu'en cas d'attentat, d'incendies ou d'alertes, les députés n'avaient pas de parlement de secours, comme les Français avec Versailles, par exemple. Du coup, il est urgent de dépenser 85 millions de livres pour ce parlement de repli !

Et pendant ce temps-là toujours pas de nouveautés sur le front des négociations sur le Brexit.

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