Votre histoire du jour est indienne et vous nous présentez une famille de 15 enfants ?

La famille Sangot qui vit dans le Gujarat, c'est-à-dire au nord de l'Inde. Il a 43 ans, vit dans une masure avec son épouse Kanu et a effectivement 15 enfants. Ou plus exactement 14 filles âgées de 17 à 4 ans et un fils de 3 ans. Or, si Sangot a tant d'enfants alors qu'il a un lopin de terre pour nourrir sa famille et qu'il est obligé de faire travailler ses deux ainées pour survivre, c'est parce qu'il voulait absolument un garçon et qu'il a essayé, essayé, essayé jusqu'à obtenir satisfaction.

Comprenez-moi bien : en Inde, le planning familial est même très puissant et il informe parfaitement la population, même dans les coins les plus reculés. Sangot aurait pu être, par exemple, stérilisé ou obtenir des préservatifs gratuitement.

Mais avoir un garçon est tellement important dans la culture indienne, qu'il a refusé. Et l'équivalent de l'INSEE indien vient même de publier une étude qui montre que c'est même la raison principale pour laquelle les Indiens ont des familles très nombreuses.

Vous voulez dire qu'en Inde, les parents font des enfants jusqu'à ce que le nombre de garçons dépasse celui des filles ? __ Exactement. Et ça peut prendre des proportions dramatiques. Dans l'Etat de Sangot, le Gujarat, il nait 886 filles pour 1 000 garçons et d'une façon générale, en Inde, il manquerait une cinquantaine de millions de filles. L'Etat indien tente de réagir.

Il est interdit de divulguer le sexe d'un enfant à naître, histoire de contrer les avortements sélectifs. De la même façon, les dots pour le mariage d'une fille sont interdites. Mais rien n'y fait : le déficit de filles ne fait que s'aggraver.

Au fait : Sangot a en fait 16 enfants. Il a encore essayé, histoire d'avoir un second garçon. Raté, il a eu une fille qui a aujourd’hui 2 mois et demi.

Une revue de presse entièrement consacrée aux femmes

Parce qu'elle peuple l'actualité du jour. C'est une femme qui fait la une de tous les quotidiens américains ce matin : Janet Yellen, cheffe de la banque centrale américaine.

Au Brésil, ce sont les malheurs de Dilma Rousseff qui font la une de toute la presse. Sera ou sera pas destituée ? Cela donne dans le quotidien O Globo , un drôle d'article sur une cérémonie à laquelle assistaient la présidente et le vice-president Michel Temer. Celui qui lui succédera si elle est débarquée par le parlement. 20 minutes côte-à-côte sans se parler, sans se regarder et surtout à écouter « Amigos para Sempre », « Amis pour toujours », la chanson choisie pour égayer la cérémonie. Raté.

Dans le Yomiuri Shimbun japonais, c'est une décision de justice obligeant les épouses à porter le nom de famille de leur mari qui est particulièrement commentée. Une décision jugée sexiste mais qui ne changera pas grand-chose : 96% des Japonaises s'y plient déjà.

En Hongrie, c'est le président du parlement de Budapest qui enflamme la presse pour avoir déclaré que les femmes devaient être encouragées à faire des enfants. Le quotidien Népszabadság l'accuse carrément de prendre les femmes pour des animaux.

Enfin, El País de Madrid consacre un article très émouvant à Ensaf Haidar, l'épouse du blogueur saoudien Raïf Badawi, condamné en 2012 à 10 ans de prison et à 1 000 coups de fouets. Souvenez-vous, il a déjà reçu les 50 premiers en public en janvier dernier. C'est la beauté et le courage de Mme Haidar qui a marqué le quotidien espagnol. Elle est venue sans voile depuis son exil canadien, mais avec un portrait de son mari, récupérer le prix Sakharov devant un parlement européen qui l'a ovationnée, visiblement ému.

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