Fin janvier, des portions du mur de Donald Trump à la frontière mexicaine se sont effondrées sous le coup de vents modérés. Au fait où en est-on de la construction du "Big Beautiful" ?

Donald Trump brandit des photographies de la construction d'un mur frontalier en présence des membres du Conseil national de patrouille des frontières
Donald Trump brandit des photographies de la construction d'un mur frontalier en présence des membres du Conseil national de patrouille des frontières © AFP / Chip Somodevilla / Getty Images North America

Direction la frontière mexicano-américaine, pour visiter le mur de Donald Trump. Enfin, ce qu'il en reste : fin janvier, les Mexicains ont eu une mauvaise surprise : des pans entiers du fameux mur promis par Donald Trump il y a presque 4 ans, qui a désormais reçu le joli nom de « Big Beautiful », « le Grand Beau mur », se sont effondrés.

Imaginez : des portions entières de ce mur fait de poutres d'acier trempé d'une dizaine de mètres de haut serrées les unes contre les autres ont été pliées par le vent. Ça a failli tourner à la catastrophe : côté mexicain, il y a une route qui longe ce mur.

Heureusement les Mexicains ont eu l'intelligence de border leur route d'arbres qui ont donc retenu les poutres d'acier dans leur chute. C'est le vent qui a plié les énormes poutres de Donald Trump. Et pas un vent à décorner les bœufs texans, non : 60km/h.

4% du mur achevé côté texan

Comment des poutres d'acier ont-elles pu plier ? Eh bien, on a eu la réponse hier de la bouche, ou plutôt du pouce twitteur de Donald Trump soi-même : en fait, les « fakes médias » en rapportant la catastrophe aurait oublié de préciser que le béton qui doit maintenir ces poutres était encore liquide.

En clair, le ciment n'avait pas pris et donc, un coup de vent et hop, patatras ! Sauf que tout est à l'avenant, dans cette affaire de « Grand beau » mur trumpien. A terme, il doit courir sur 2070 km et pour le moment seulement 160 km ont été achevés.

Mais en fait l'essentiel de ces 160 km, c'est du remplacement. C'est-à-dire qu'on a remplacé d'anciennes barrières qui avaient fait leur preuve par les fameuses poutres d'acier en dépensant au passage des centaines de millions de dollars.

Des centaines de dossiers d'expropriation à remplir et déposer

Prenez par exemple la section du « Grand beau mur » qui doit passer par le Texas, environ 800 km. Sur ces 800 km, promis juré, 250 km doivent être murés d'ici fin 2020. Or pour se faire, encore faut-il acheter la terre sur laquelle doit passer le mur.

Parce que l'Etat fédéral, lui, ne possède qu'une vingtaine de kilomètres de terres, sur lesquelles il s'est empressé de bâtir une portion de mur, évidemment. Pour le reste, il faut exproprier une centaine de propriétaires terriens extrêmement réticents.

Donald Trump aurait tout simplement exigé que l'on prenne les terres et qu'on avance ! Il a fallu lui expliquer qu'il y avait des procédures à respecter et éventuellement, la justice qui allait devoir trancher : en tout, 800 dossiers à monter et à déposer.

Jared Kushner, 1er gendre des Etats-Unis, à la rescousse

Mais Donald Trump a trouvé la parade. Il a nommé à la tête de cette grande affaire Jared Kushner ! Le 1er gendre des Etats-Unis et accessoirement conseiller à la Maison-Blanche.

Jared Kushner qui a déjà en charge, la paix au Moyen-Orient, l'épidémie d'opioïdes, la réforme de l'administration des anciens combattants et, la refonte du système d'immigration américain, vient donc d'hériter du « Grand beau mur » de beau papa.

Vu les résultats qu'il a obtenu au Proche-Orient – c'est à dire rien, nada, niet, no, sinon l'embarras des alliés américains et la colère des palestiniens – on peut d'ores et déjà dire que le mur en question, le « Big Beautiful » mur a peu de chances de beaucoup avancer.

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