Largement en tête d'un classement européen d'éducation aux médias, la Finlande s'est appuyé sur ce qu'elle fait de mieux : l'éducation

En Finlande, le système éducatif a mis en place l'apprentissage des enfants pour contrer les fake-news dès le plus jeune âge qui donne des résultats.  
En Finlande, le système éducatif a mis en place l'apprentissage des enfants pour contrer les fake-news dès le plus jeune âge qui donne des résultats.   © Getty / picture alliance

On part en Finlande qui a trouvé la solution contre les FakeNews. Les Finlandais ont même une arme secrète : leurs enfants ! Alors qu’a priori ce sont eux qui sont le plus souvent victimes de la désinformation – le portable étant une prolongation d’eux-mêmes - ; la Finlande a trouvé le moyen d’en faire la solution.

Le tout mesuré par l’Union européenne dans un classement annuel d’éducation aux médias. La Finlande est largement en tête des 35 pays de l’enquête, alors que la France, par exemple, se classe misérablement entre la Slovénie et l’Espagne à la 15e place.

La recette est simple : éducation aux médias et ce depuis le plus jeune âge. C’est-à-dire à compter de six ans ! Depuis 2014, dans toutes les matières enseignées et à tous les âges, on apprend à critiquer les infos ou à repérer les mensonges.

La Russie pour bruyant voisin

L’annexion par la Russie de la Crimée a rappelé de très mauvais souvenirs aux Finlandais – qui ont gagné leur indépendance de Moscou en 1917 – mais surtout, la Finlande et l’Estonie – la république balte sœur – ont servi de banc d’essai à Moscou.

Attaques informatiques en règle, campagnes de désinformation et… multiplication des fake news : la Finlande était une cible de choix : elle n’est pas encore membre de l’OTAN mais se prépare à le devenir.

Donc, face à Moscou, Helsinki a dégainé le meilleur de son modèle social, à savoir l’éducation. Après tout, la Finlande est encore aujourd’hui en tête des pays de l’UE dans le classement PISA des systèmes éducatifs pour « la compréhension de la lecture ».

Bien nommer le problème

D’abord "fake news" est trop général et recoupe mal des réalités différentes : 

  • il y a la mésinformation, c’est-à-dire la simple erreur factuelle ; 
  • la désinformation, c’est-à-dire le mensonge délibéré pour nuire.

Mais aussi la malinformation ou le ragot qui peut être vrai mais qui est diffusé dans le seul but de blesser. Et puis il y a les travaux pratiques. En maths, par exemple, on décortique des stats pour montrer qu’elles peuvent être manipulées, en art on étudie l’utilisation des images et des vidéos, en histoire on s’attarde sur la propagande et ses conséquences et en littérature sur la polyphonie des mots.

Avant tout, les enfants adorent le côté "petit détective de l’info" que ce programme met en avant et il y a des résultats concrets : lorsqu’il s’est agi de vacciner contre le papillomavirus, les parents se sont montrés d’emblée réticents. Ce sont leurs filles qui les ont convaincus et cette campagne a été un vrai succès. L’arme secrète de Finlandais, l’éducation, a parfaitement joué son rôle.