L'histoire du jour nous emmène en Macédoine

Mais d'ailleurs doit-on dire Macédoine ? C'est bien la question ce matin ! Et c'est d'ailleurs une question qui va peut être coûter son poste au ministre de l'immigation grecque. Mais évidemment, ça demande quelques explications.

Ici en France et dans le monde entier, on connaÏt tous la république de Macédoine. Capitale Skopje. Un petit pays des balkans, issu de la partition de l'ex Yougoslavie, frontalier avec la Serbie, la Croatie et surtout... la Grèce.

Or il faut savoir que depuis sa création, les grecs refusent que la Macédoine s'appelle la Macédoine. Pour les Grecs, la Macédoine est une région grecque dont la capitale est Thessalonique. Vous allez me dire : comment diable appellent-ils leur voisin ?

Comme on est jamais à bout d'imagination chez les Grecs, ils appellent la république de Macédoine "Ancienne république yougoslave de Macédoine", ARYM ou FYROM dans son acronyme anglophone.

Les grecs sont susceptibles, d'accord. Mais ils sont aussi membres d'un certains nombre d'organisation internationales. L'Union européenne, l'ONU , l'OTAN... Et partout où ils le peuvent, ils interdisent qu'on parle de République de Macédoine. Ce qui veut dire que depuis 1991, 25 ans donc, toutes les organisations internationales où les Grecs peuvent opposer leur voter sont obligées d'utiliser le fameux acronyme. Autrement dit, à l'ONU par exemple, on parle d'ARYM ou de FYROM. Or il se trouve qu'un ministre d'Alexis Tsipras, M. Mouzoulas, ministre de l'immigration, a eu le malheur de prononcer le nom de pays interdit lors d'une interview télévisée. C'était il y a deux jours. Et depuis, tout le monde demande sa démission. A priori, rien de grave : l'opposition de déchaîne, c'est le jeu de la démocratie. Sauf que Tsipras gouverne en coalition avec des nationalistes. Ce sont eux, les collègues ministres de M. Mouzoulas qui demandent sa démission, sous peine de rompre la coalition. Voilà donc une coalition au pouvoir qui risque de se briser, avec donc peut-être de nouvelles élections, parce qu'un ministre à juste dit à la télé non pas République de Macédoine, mais juste Macédoine, comme le reste du monde. Alexandre le Grand doit se retrourner dans sa tombe. Qu'on a jamais trouvé d'ailleurs.

Une revue de presse consacrée au Brésil

Avec ce coup de théâtre qui voit l'ancien président Lula entrer au gouvernement de celle qui lui a succédé, Dilma Rousseff, au poste de directeur de la Maison civil, c'est-à-dire l'équivalent du poste de Premier ministre.

Pour le quotidien A Folha de Sao Paulo, la raison de cette nomination spectaculaire est évidente : « en nommant Lula à ce poste, Dilma Rousseff lui évite la prison et un jugement ordinaire. Premier ministre Lula ne peut plus être jugé que par un tribunal spécial, le tribunal suprême : il vient donc d'une seul coup de plume de gagner une immunité qui compliquera la vie des juges brésiliens. » Une manœuvre que le quotidien O Globo trouve particulièrement dangereuse : « ils sont devenus incontrôlables » titre en une le quotidien : « Nous comprenons le sentiment d'indignation qui parcourait hier les réseaux sociaux brésiliens. Les manifestations de dimanche, des centaines de milliers de personnes, réclamaient la prison pour l'ancien président et voilà qu'aujourd'hui, il se comporte en caudillo en voulant se protéger de la justice. La réponse de la rue risque d'être intense. »

En clair, Lula et le parti des travailleurs ont choisi l'affrontement avec la rue et c'est le pays tout entier qui risque d'en payer le prix.

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