Depuis plusieurs mois, les journalistes espagnols passent au peigne fin les CV des politiques à la recherche de faux-diplômes. Résultat : une ministre démissionne le 12 septembre dernier et le 1er ministre doit publier sa thèse de doctorat.

En Espagne, la guerre des diplômes fait rage au plus haut niveau de l'Etat et elle a déjà emporté une ministre, une présidente de région et bientôt peut-être Pablo Casado, le président du principal parti d'opposition, le très conservateur Parti populaire. Mais la semaine dernière, on a bien cru que même le 1er ministre allait en être victime.

En plein parlement, le chef d'un autre parti, Cuidadanos, doutait publiquement de la qualité de la thèse de doctorat du 1er ministre Pedro Sánchez. Et ce, après un article fielleux du quotidien conservateur ABC qui évoque un plagiat.

Le 1er encaisse en parlant de « torrent de boue » mais... Il est tout de même obligé de publier cette fameuse thèse de doctorat dont le titre est « innovations de la diplomatie économique espagnole : analyse du secteur public entre 2000 et 2012 ». Un pensum !

Plagiat ou pas plagiat ?

Aujourd'hui, c'est assez facile à savoir : il suffit de passer le texte dans des logiciels spécialisés et en quelques secondes, le résultat est... Pas de plagiat, cette thèse a été rédigée à la régulière. Peut être un soupçon de favoritisme, vu l'indigence du propos.

On comprend le but de Cuidadanos : jeter le soupçon sur la gauche – le 1er ministre est socialiste – en attendant que la justice fasse son travail à droite : c'est-à-dire qu'elle décide si le pseudo-diplôme du golden boy de la droite espagnole mérite un procès.

Le scandale a commencé l'année dernière lorsqu'on s'est rendu compte que la présidente de la région de Madrid, Mme Cifuentes, avait obtenu un master en administration publique sans examen et sans assister aux cours. Le tout à l'Université Roi Juan Carlos.

La presse mène l'enquête

Et en avril, elle doit démissionner. Puis on découvre que Pablo Casado a obtenu un master de la même université madrilène, sans jamais avoir éré à un seul cours et tout en faisant valider d'un coup 18 UV sur 22. ¡ Por los cojones ! Comme on dit en Espagne.

L'affaire se corse lorsque, d'une part, Pablo Casado devient le 21 juillet dernier, président de son parti. C'est-à-dire futur candidat à 1er ministre. Et surtout lorsque Carmen Montón, la ministre socialiste de la Santé, démissionne le 12 septembre.

Deux baffes à droite, une à gauche ! ¡ Olé ! Et au milieu, une université totalement discréditée, dont on sait aujourd'hui que de directeur se servait directement dans la caisse, et une classe politique en partie ridiculisée !

Et le gagnant est .... personne !

C'est toute la question ! A priori, on peut se dire que l'actuel Premier ministre s'en sort plutôt bien ! Sa thèse est plus ou moins validée. D'ailleurs, pour les courageux, elle est en ligne. C'est moins vrai pour le gros malin de l'affaire : Albert Rivera de Cuidadanos.

La presse a relu son CV. Elle a remarqué qu'il avait plusieurs fois écrit être docteur, puis doctorant. Renseignements pris, il s'est bien inscrit en doctorat à Barcelone, il a suivi quelques cours mais n'a jamais été « doctorant ». grosso modo, il a abandonné.

Même topo pour la prestigieuse université américaine George Washington où il affirme avoir décroché un master. En fait : un simple cours de marketing politique. Bref, une baffe au centre ! Quant à Pablo Casado, il refuse de démissionner ! ¡ Por los cojones !

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