Il manquait quelque chose à ces manifestants souvent très jeunes : Il manquait un hymne et depuis fin août, c'est chose faite avec « Gloire à Hong-Kong ». Les manifestants de Hong-Kong tiennent leur hymne "national". Un chant révolutionnaire composé par un anonyme et amendé par les internautes.

Cet hymne dont les paroles disent, entre autre, « que le peuple règne, fier et libre, maintenant et pour toujours » a été symboliquement chanté le 31 août dans un stade de foot
Cet hymne dont les paroles disent, entre autre, « que le peuple règne, fier et libre, maintenant et pour toujours » a été symboliquement chanté le 31 août dans un stade de foot © Getty / Chris McGrath

On part pour Hong-Kong qui « fête » 100 jours de manifestations. 9 juin, premiers heurts contre la police hongkongaises, 16 septembre : 100 longues journées dont quelques-unes des plus importantes manifestations jamais organisées dans l'ancienne colonie britannique. Pour le 16 juin uniquement : 2 millions de marcheurs !

C'est-à-dire, un bon quart de la population totale de l'enclave. Mais il manquait quelque chose à ces manifestants souvent très jeunes :  Il manquait un hymne et depuis fin août, c'est chose faite avec « Gloire à Hong-Kong ».

Cet hymne a été composé par un certain Thomas qui a mis ensuite les 1ères paroles sur le net, pour discussion et, après accord général, voilà le résultat.

Cet hymne dont les paroles disent, entre autre, « que le peuple règne, fier et libre, maintenant et pour toujours » a été symboliquement chanté le 31 août dans un stade de foot, lors d'un match de qualification contre l'Iran. Et ça s'est fait en deux temps :

D'abord, la foule a tourné le dos lorsqu'à retenti dans le stade la « Marche des volontaires », l'hymne chinois. Puis on a sorti un enregistreur relié à un ampli pour la musique ; des centaines de spectateurs ont alors entonné « Gloire à Hong-Kong ».

Les centres commerciaux pris d'assaut

Evidemment ! Et singulièrement, dans les centres commerciaux hong-kongais. Il faut savoir que dans cette ville surpeuplée, sur un territoire particulièrement exigu, les centres commerciaux ont toujours été le cœur social battant de Hong-Kong.

Ils sont devenus des lieux de rencontre, des sortes de places de village moderne. Bref, les manifestants ont donc pris l'habitude de s'y réunir par centaines pour y chanter leur hymne « national ».

Ça ne veut pas dire que depuis 100 jours, on ne chantait pas dans les manifestations hong-kongaises. Au contraire. Par exemple, une des chansons titres de la comédie musicales « Les Misérables » - « entends-tu le peuple chanter » - servait de ralliement.

Après tout, c'est logique : « les Misérables » célèbrent la révolution de 1830. Mais un hymne pour le peuple et par le peuple Hongkongais, c'est un autre genre de provocation. D'autant qu'il est chanté en Cantonais.

Chanter la liberté en cantonais

C'est une vieille histoire en Chine : le commerce et la richesse sont plus volontiers cantonais, c'est-à-dire du sud de la Chine, autour de la rivière des perles, où se trouve Hong-Kong, Canton et Shenzhen alors que le pouvoir est au nord et parle mandarin.

Enfin, cet hymne « national » fait écho à une loi introduite en décembre dernier dont l'application a été repoussée au calendes grecques par les manifs : une loi qui visait à criminaliser les insultes à l'hymne national chinois.

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