Des milliers de pèlerins juifs ultra-orthodoxes attendent côté biélorusse de pouvoir se rendre sur la tombe du fondateur de leur courant, le rabbin Nahman. L'Ukraine refuse de les laisser passer, pour cause de pandémie.

Des Juifs ultra-orthodoxes sur la tombe du fondateur de leur mouvement, le rabbin Nahman le 16 septembre 2020.
Des Juifs ultra-orthodoxes sur la tombe du fondateur de leur mouvement, le rabbin Nahman le 16 septembre 2020. © AFP / GENYA SAVILOV

Direction la frontière entre la Biélorussie et l'Ukraine ce matin où plusieurs milliers de pèlerins juifs sont empêchés d'entrer en territoire ukrainien. Tous veulent rejoindre la ville de Ouman, en plein centre de l'Ukraine. Là se trouve la tombe du fondateur de leur courant religieux ultra-orthodoxe, le rabbin Nahman.

Un rabbin mort en 1810 et dont la tombe est l'objet d'un pèlerinage annuel pour le nouvel an juif, Rosh Hashanah, qui, cette année, tombe entre les 18 et 20 septembre, Cette année, le problème s'appelle la pandémie mondiale de Covid-19.

Israël a demandé au gouvernement ukrainien d'interdire son territoire de ces pèlerins. Israël a reconfiné sa population devant l'explosion des cas de contaminations, or, beaucoup de foyers d'infections ont pour origine les quartiers ultra-orthodoxes.

L'Ukraine leur est interdite, ils passent par la Biélorussie

C'est simple : ils ont essayé de contourner le problème en passant par la Biélorussie voisine. En clair, ils ont pris l'avion en petit nombre toute la semaine à destination de Minsk, puis ont pris des bus jusqu'à la frontière ukrainienne.

Jusqu'au 14 septembre, cette technique d'évitement semble avoir fonctionné : des petits groupes ont réussi à passer et à rejoindre Ouman. Arrivés sur place, certains ont même démonté les barrières de sécurité entourant le tombeau du rabbin Nahman.

Des barrières mises en place par l'Ukraine pour éviter les rassemblements. Ah oui ! Parce que j'ai oublié de vous dire : une fois-là, ces juifs ultra-orthodoxes crient, prient chantent et dansent ensemble dans un joyeux happening pendant des heures.

Loukachenko en profite pour régler ses comptes

Au contraire et c'est là où ça devient presque comique ! Depuis l'élection frauduleuse d'Alexandre Loukachenko, rien ne va plus entre l'Ukraine et la Biélorussie. Kiev s'est joint à l'Union européenne pour dénoncer cette présidentielle et soutient l'opposition.

En guise de mesure de rétorsion, Alexandre Loukachenko a bien compris la capacité de nuisance pour l'Ukraine que pouvait représenter ces milliers de pèlerins juifs ultra-orthodoxes. Non seulement il les a laissés entrer mais il propose ses bons offices.

Il a demandé à l'Ukraine de créer ce qu'il appelle un "corridor vert" pour que ses pèlerins rejoignent Ouman. Promis, il fournira les bus pour permettre le voyage aller et retour. Il demande juste à l'Ukraine de faire preuve d'humanité. Ce qui est un comble !

Plusieurs centaines d'enfants avec eux

On en est nulle part. Les 2 000 pèlerins coincés à la frontière ukraino-biélorusse ont commencé à camper. Ils bloquent entièrement le passage frontalier, font des feux de camps au milieu de la route et certains ont même installé des tentes.

Comme la plupart d'entre eux sont venus en famille, plusieurs centaines d'enfants font partie du voyage. La Croix rouge a dû intervenir pour leur distribuer eau et nourriture. Mais pour le moment, pas question de les faire passer.

Quant à ceux qui sont déjà passés, certains ont été expulsés du pays – les plus irascibles -, d'autres se sont plaints d'avoir été très mal accueillis à Ouman par la population.

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