L'Italie s'apprête donc à construire son premier musée du fascisme...

Tout est prêt pour lancer les travaux : le budget est bouclé – il en coûtera 5millions d'euros - l'Etat italien a promis 2millions d'euros de subventions et surtout, le lieu est déjà désigné : la ville natale de Mussolini, dans le Nord-Est de la Péninsule, Predappio. Pour trouver le futur musée, rien de plus simple : il sera situé à quelques mètres seulement de sa maison natale. Même l'endroit du musée est tout désigné : ce sera l'ancienne « maison du fascisme », aujourd'hui abandonnée. Un édifice comme il y en avait 11 000 dans toute l'Italie dans les années trente mais qui, à Predappio, a des allures de palais : deux fois 100 m2 sur trois niveaux. On y trouvera une exposition permanente, une bibliothèque, une boutique et même un restaurant.

C'est toute la complexité de ce projet qui n'est pas un projet comme les autres.Le fascisme, c'est le grand tabou de l'histoire italienne. Jusqu'à présent, personne n'avait osé le briser et encore moins lui dédier un musée. Il a fallu attendre que Munich inaugure son musée du nazisme , c'était en juin dernier, pour que la ville de Predappio et son maire de gauche relance l'idée, non pas d'un musée, c'est trop sensible, mais d'un « centre de documentation » dédié au fascisme. Toutes les précautions ont été prises : pas de glorification, mais les faits, uniquement les faits et des historiens au dessus de tous soupçons. L'exposition permanente promet d'être très plate et très ennuyeuse, histoire de ne pas alimenter les passions.

Les critiques ont tout de même été nombreuses, et pour une raison simple : contrairement à Munich, où il ne reste pas grand chose du nazisme, Predappio est un lieu de pèlerinage pour les nostalgiques du fascisme. J'ai oublié de vous dire : la tombe de Mussolini se trouve à quelques mètres de là. Tous les ans, un bon millier de fascistes en chemise noire et bras tendus à se recueillent à Predappio sur la tombe du Duce. Les critiques expliquent donc que l'on est en train de créer une sorte de Mussolini-land avec l'argent du contribuable. L'avenir le dira.

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