Avec 71% d'opinions favorables, Marcelo Rebelo de Sousa est incontestablement une exception à lui tout seul dans l'univers impitoyable des politiques du monde entier. Quelle est sa recette ?

Direction le Portugal ce matin, pour rendre visite au président le plus populaire du monde occidental. Il s'appelle Marcelo Rebelo de Sousa, il a 71 ans, il a été élu il y a 3 ans avec 52% des suffrages et, aujourd'hui, il culmine à 71% d'opinions favorables. Et encore, ça a un peu baissé. L'été dernier, il recueillait 89,5%  et même 92,6% auprès des Portugaises

Et lorsque les Portugais le notent sur 20, comme à l'école, Marcelo - c'est comme cela qu'ils l'appellent - recueille un 15,9. Le politique le plus populaire suivant est l'actuel Premier ministre, António Costa, avec 10,2.

Mieux encore, selon un sondage de l'hebdomadaire portugais Expresso, 52% des Portugais rêverait d'un selfie avec leur président et, mieux encore, 3,3% d'entre eux l'ont obtenu ! Ça fait 330 000 selfies en 3 ans, une moyenne de 450 photos souvenirs par jour !

Comment expliquer une pareille popularité ?

La première réponse n'est pas celle qu'on croit : dans la plupart des pays européens, les chefs d'Etat – présidents ou monarques – sont populaires parce qu'ils ou elles sont vieux et qu'ils ou elles n'ont aucun pouvoir. Ce n'est pas le cas du président portugais.

Il est élu comme le nôtre au suffrage universel direct et s'il n'a pas l'étendue des pouvoirs de notre président, il est tout de même chef des armées et peut dissoudre l'Assemblée mais aussi révoquer un Premier ministre et donc convoquer des élections.

Non, le vrai secret de Marcelo, c'est son omniprésence, son empathie naturelle et aussi sa modestie. Quelques exemples pour comprendre. Il est devenu président en dépensant moins de 170 000 euros, c'est-à-dire moitié moins que le candidat de la gauche radicale.

Popularité inusable malgré 3 ans de pouvoir !

Vous avez raison ! Pour expliquer cette performance, il faut se plonger dans l'emploi du temps de M. le Président de la République portugaise. Et on y trouve peu de chose d'autre que des déplacements. D'interminables déplacements pour tout dire.

A l'étranger, bien sûr, mais surtout dans le pays. Marcelo sillonne en permanence le Portugal à la rencontre de ses concitoyens. Sinon, comment comprendre ces 450 selfies quotidiens ? Ce n'est pas le sous-préfet mais le président aux champs.

Et tous les jours encore. La semaine en voiture officielle et le week-end, à bord de sa propre voiture. C'est épuisant pour son équipe, au point où l'on compte déjà plusieurs démissions et mutations au sein du service des voyages présidentiels.

Le Portugal va mieux...

C'est vrai, avec une croissance économique qui est le double de celle de la France et un taux de chômage passé, au plus fort de la crise, de 17,5% à 7% aujourd'hui, c'est une des grandes réussites européennes. Et le gouvernement de gauche se charge de redistribuer.

Mais Marcelo est aussi le président des malheurs du pays : lors des incendies meurtriers de 2017, il était de toutes les opérations de secours, dormant chez l'habitant, consolant les victimes, toujours là avant les ministres, agaçant évidemment son 1er ministre.

En fait, c'est un président moderne : il a compris que les réseaux sociaux démultipliait sa parole et ses gestes. Pas besoin de meetings. Des petits malins ont même lancé une appli appelée Marcelfie qui permet d'avoir un selfie avec Marcelo mais sans Marcelo.

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