Le Hamas a réussi à implanter un maliciel dans des centaines de smartphones de soldats israéliens, au grand dam de Tsahal qui a dû communiquer pour prévenir de nouvelles infections.

L'armée israélienne a affirmé avoir déjoué une tentative de cyberattaque du Hamas
L'armée israélienne a affirmé avoir déjoué une tentative de cyberattaque du Hamas © Getty / Milan_Jovic

On part en Israël ce matin, où l'armée a déjoué une attaque électronique du Hamas : le pot-aux-roses a été dévoilé dimanche dernier et carrément par le porte-parole officiel de l'armée israélienne, le lieutenant colonel Johnathan Conricus. Et pour une bonne raison : il s'agissait d'officialiser au plus vite un piratage électronique du Hamas.

Le Hamas contrôle la Bande de Gaza et ses quelques 2 millions d'habitants. Les Israéliens lui ont fait trois fois la guerre en 20 ans, tuant des milliers de Gazaouis et, en réponse, le Hamas a pris l'habitude d'envoyer sporadiquement des roquettes.

Ce qu'on sait moins, c'est que depuis 2017, le Hamas a désormais une unité spécialisée dans la guerre électronique dont le but est, entre autre, d'infecter les téléphones portables des soldats israéliens d'active pour mieux en extraire les informations.

Le "piège mielleux" qui affole Tsahal

Jusqu'ici, Israël a toujours réussi à déjouer les piratages électroniques du Hamas relativement tôt. C'était en 2017 et 2018 sans autre précision de Tsahal. Mais les pirates du Hamas se sont aguerris et, cette fois-ci, ont réussi à pirater des centaines de soldats.

Et ce, grâce à une méthode redoutablement efficace. Les anglo-saxons appellent ça joliment un « honey trap », un « piège de miel » : en clair, ça consiste à ce faire passer pour une jolie et pulpeuse jeune israélienne esseulée.

Evidemment, des selfies sont échangés, et le jeune soldat israélien, qui s'ennuie ferme à un poste de contrôle ou dans sa caserne, n'a rien d'autre à faire qu'à détromper la solitude de cette pauvre jeune femme dont le nom a parfois une consonance française.

De fausses jeunes femmes à consonance française

Ensuite, c'est assez classique : la communication et la confiance établie entre les deux tourtereaux – je précise que derrière Yael Azoulay (c'est un des pseudonymes utilisés) se cache un hacker du Hamas probablement très barbu – il faut télécharger une appli.

Une appli qui se révèle être en fait un logiciel malveillant, ou maliciel, qui prend le contrôle du téléphone portable du soldat désoeuvré. La procédure est assez classique mais ce qui inquiète l'armée israélienne cette fois c'est sa sophistication :

Des centaines de jeunes soldats, mais aussi d'officiers,- comment résister à Yael Azoulay, ont donc été piégés. Or le maliciel du Hamas permet d'utiliser à distance le micro et la caméra de la victime. Or les soldats visés ont été soigneusement ciblés.

De la guerre électronique au bombardement de centres de hackers

Eh bien, pour la première fois, des soldats éloignés de la Bande de Gaza ont été contactés. Surtout, il faut imaginer que si des centaines de soldats parfois depuis plus d'un an, sont tombés dans ce « piège mielleux », ça signifie des moyens énormes.

Des dizaines, voire des centaines de hackers côté Hamas qui doivent au quotidien suivre et appâter ces soldats. C'est au point que, pour la 1ère fois en mai, l'armée israélienne a bombardé un de ces centres de guerre électronique installés à Gaza.

Tsahal a l'habitude d'avoir la haute-main sur la guerre électronique et technologique. Le Hamas l'a donc pris à son propre jeu avec la plus éculée des méthodes au monde : « dis, je m'ennuie toute seule dans mon grand appartement, on papote ? »

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