Le bureau exécutif du parti au pouvoir, le PLD, n'était composé que d'hommes ? Qu'à cela ne tienne ! Cinq femmes seront désormais invitées à "assister" aux débats et aux décisions... en silence.

Imaginez un cercle de vieux messieurs respectables, tous membres éminents et influents du principal parti japonais, le Parti libéral démocrate. Tout à coup, le monde extérieur vous fait remarquer que pas une femme ne siège au comité exécutif du parti.

C’est alors que le secrétaire général, Toshihiro Nikaï, 82 ans, a eu une idée : inviter cinq parlementaires femmes à siéger parmi eux. C’est plutôt une bonne initiative : un peu de modernité ne peut pas faire de mal ! Sauf qu’il y a un « hic » :

L’idée n’est pas d’ajouter des femmes, mais bien de les faire « assister » aux débats pour qu’elles apprennent de leurs collègues masculins l’art subtil de la décision. Ensuite seulement, elles pourront exprimer leur opinion… si on le leur demande, bien sûr.

L'affaire du président du Comité olympique japonais sexiste

C’était la semaine dernière : le président du Comité olympique japonais, M. Yoshiro Mori, 83 ans, déclarait sur le ton de la plaisanterie que « ses collègues femmes parlaient trop longtemps » dans des réunions qui, du coup, avaient tendance à s’éterniser.

M. Mori s’est bien sûr excusé jeudi dernier évoquant ses « remords » et assurant qu’il retirait ses propos… tout en refusant de partir. Puis, devant le scandale, il a démissionné le lendemain, non sans tenter de désigner son successeur.

On pourrait imaginer une femme : pas du tout ! M. Yoshiro Mori a tenté de placer un ancien joueur de foot de 84 ans, M. Saburo Kawabushi !

5% des postes à responsabilité tenus par des femmes

Il ne s’agit pas de gaffes, mais d’un système machiste bien enkysté et qui, surtout, est parfaitement mesurable : le Japon, en termes de parité, se situe au 121 rang mondial sur les 153 pays étudiés par le World Economic Forum.

C’est simple, au Japon, seul 5,2% des postes à responsabilité sont tenus par des femmes. C’est si désespérant que le gouvernement s’était fixé des objectifs qui sembleraient ridicules ailleurs :

Relever la proportion de fonctionnaires-femmes à des postes de décision à 7% ; dans le privé, à des postes managériaux à 15% et à des postes de direction à 10% ! 

La vengeance "umamiesque" d'une ministre

Au Japon, on en est au 5ème plan pluriannuel de promotion de l’égalité hommes-femmes. C’est-à-dire qu’on en discute depuis 2003 ! L’ancien Premier ministre Shinzo Abe avait même fixé un objectif : 30% de femmes à des postes de décision en 2020.

Or la ministre de l’Egalité hommes-femmes, Mme Seiko Hashimoto, a dû piteusement expliquer en juin dernier qu’il faudrait repousser cet objectif à… 2030, voire 2050 pour l’égalité parfaite. 

Ah oui, une dernière info ! Selon la presse, le prochain président du comité olympique sera une présidente et s’appellera Seiko Hashimoto… Vous vous souvenez ? C’est l’ancienne ministre de l’Égalité hommes-femmes ! Comment disait Dorothée hier ? L’umami, cette saveur si typiquement japonaise qui oscille entre l’amer et l’acide…