L’ancien champion accumule depuis près de 20 ans les poursuites en justice. Mais il vient d'abattre une carte assez inattendue : celle de l'immunité diplomatique pour échapper à une banque privée britannique qui lui réclame 3 millions d'euros et qui a obtenu l'an dernier sa mise en faillite.

Boris Becker en juin 2018 à Hambourg lors d'une conférence sur la santé.
Boris Becker en juin 2018 à Hambourg lors d'une conférence sur la santé. © Getty / Tristar Media

Une banqueroute « injustifiée et injuste » selon lui

L'As du service volée a donc décidé de contre attaquer. Il serait (et c'est là que ça devient cocasse) « attaché pour les affaires sportives centrafricaines » auprès de l'Union Européenne. Quand on connait un peu la situation en Centrafrique, on se dit que la promotion du sport centrafricain n'est pas forcément la priorité du président Touadéra.

Alors... Coup de bluff ou coup de maître ?

Et bien c'est tout le mystère de ce tweet posté par Boris Becker. Toutes les parties concernées semblent assez perplexes... Du côté de l'Union Européenne, la Commission affirme qu'elle n'a pas été impliquée dans cette nomination, qu'aucune accréditation n'a été sollicitée... 

A Bangui, le chef de la diplomatie centrafricaine tombe des nues. Il certifie qu'il n'y a aucun poste de cette nature dans la représentation diplomatique... « A titre personnel, Becker avec ce statut là, ça ne me dit rien ».

"A titre personnel"... comprenez donc "depuis que je suis en fonction". Mais l'administration centrafricaine a sombré dans un tel chaos depuis quelques années qu'on peut imaginer que l'allemand possède… peut être... quelque part... un bout de papier... vaguement officiel qui lui confère ce statut de diplomate... 

Ou alors Boris Becker a perdu la raison... 

Et c'est tout à fait possible quand on se penche sur la deuxième vie de Boris Becker : son goût pour les fêtes somptueuses, son penchant pour l'alcool et les mariages ratés, son addiction au poker... tous les vices de ce champion plein de vertus ont attiré les créanciers les plus véreux. Becker est allé jusqu'à accepter des crédits à 25% sur un an pour rembourser ses dettes. Il laisse derrière lui, en Espagne, en Suisse, en Allemagne des ardoises de plusieurs dizaines de milliers d'euros. Et pour rattraper le coup il monnaye chacune de ses apparitions télévisées.

Des reality shows contre de l'argent, y compris si ça doit lui coûter sa dignité. Comme en 2013, où il apparaît à l'écran le visage bouffi, enveloppé d'un gros nœud papillon façon œuf de pâques avec de chaque côté deux tapettes à mouche roses.

Le ridicule ne tue pas, mais dans le cas de Boris Becker il témoigne de la détresse d'une vieille gloire du tennis harcelée par ses créanciers et ruinée au point de ne plus savoir ce qu'il a bien pu faire de ses trophées. Il en a perdu quatre... a lancé un appel désespéré pour les récupérer et les revendre.

Pour sortir de cette banqueroute décrétée par une justice britannique de plus en plus impatiente face aux promesses sans lendemain de Boom Boom Becker, c'est elle qui devra trancher et valider ou non le joker centrafricain brandit par Boris le diplomate.

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