A 45 ans, Zuzana Caputova deviendra probablement présidente de Slovaquie le 30 mars, à l'issue du second tour. Progressiste, pro-européenne et anti-corruption, elle est très étrangère aux populistes de la région. Un espoir est-il né ?

Zuzana Caputova
Zuzana Caputova © AFP / VLADIMIR SIMICEK

Direction la Slovaquie ce matin pour le 1er tour de l'élection présidentielle du 16 mars. Et le résultat est particulièrement surprenant pour cette petite nation de 5 millions d'habitants coincée, notamment, entre la Hongrie et la Pologne : c'est une femme sans expérience politique, une militante anti-corruption qui l'a emporté.

Elle s'appelle Zuzana Caputova, elle a 45 ans, elle était presque entièrement inconnue il y a à peine 6 semaines, au début de la campagne électorale et, malgré tout, elle vient de rassembler sur son nom plus de 40% des suffrages.

Celui qui arrive deuxième et qui l'affrontera lors d'un second tour s'appelle Maros Sefkovic et il a obtenu moins de la moitié de ses voix avec 18%. Pourtant c'était un candidat sérieux : vice-président de la Commission européenne et membre du Smer.

Le Smer, omniprésent au pouvoir 

Le Smer, ce sont les socio-démocrates de Robert Fico, son dirigeant le plus connu parce qu'il a dirigé plusieurs fois le pays comme 1er ministre. Un 1er ministre qui s'est allié avec l'extrême-droite en 2006 pour gouverner et qui utilise la grammaire du populisme.

Anti-migrant, europhobe pour la galerie, allié de circonstance des autres populistes de la région : le PIS polonais ou encore le Hongrois Victor Orban. Sauf qu'il y a désormais quelque chose de pourri au royaume des populistes est-européens.

Et ce quelque chose est peut-être slovaque et s'appelle Jan Kuciak. C'est ce journaliste slovaque qui a été abattu de plusieurs balles avec sa compagne alors qu'il enquêtait sur les liens entre les oligarques du pays, les partis dont le Smer et la mafia italienne.

Manifs et émotion ont eu raison de Robert Fico

Des manifestations comme la Slovaquie n'en avait jamais vu, des semaines de protestations et, à la fin, la démission de Robert Fico – une démission certes symbolique, son parti à toujours la haute main mais pas pour lui qui est tellement accroc au pouvoir.

Et aujourd'hui donc, une militante pro-Europe, progressiste, dont le seul fait d'armes connu est de s'être battu pendant 14 ans contre une décharge illégale et polluante, Zuzana Caputova, deviendra probablement le 30 mars prochain présidente du pays.

C'est un vrai avertissement pour tous les populistes de la région qui, jusqu'à présent, avait tout gagné. Mais des manifestations anti-corruption, il y en a eu d'énormes en Roumanie et, pour la 1ère fois depuis longtemps, en Hongrie, contre Orban.

Sans même parler de la Pologne où des élections auront lieu en octobre prochain et où le PIS, conservateur et ultra-nationaliste, est dans une position difficile, notamment depuis la mort après une agression au couteau du maire progressiste de Gdansk.

En Pologne, l'idée que le maire de Gdansk, Pawel Adamovtich, a été victime de l'hystérisation du débat politique est en train de faire son chemin. Et l'on retiendra que ce printemps démocratique est-européen à venir sera donc passé par une Slovaque appelée Zuzana Caputova.

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