Plus d'un million et demi d'euros pour New Kim, une pigeonne belge d'exception. Le monde (et surtout la Chine) s'est entiché de ces volatiles de compétition.

New Kim, la pigeonne belge qui vaut de l'or
New Kim, la pigeonne belge qui vaut de l'or © Getty / Mike Kemp/In PIctures

Direction la Belgique ce matin, pour une histoire de pigeon voyageur. Un pigeon voyageur qui vaut de l’or ! Celui-là s’appelle New Kim et dimanche, aux enchères, elle a atteint – c’est une dame – le prix record d’1,6 million d’euros ! Le 2e pigeon le plus cher au monde après James Legend acheté 2,78 millions d’euros en 2018.

Quand on pense que cette pigeonne d’élite avait été mise en vente pour 200 euros au début de sa carrière, on mesure le bonheur de son propriétaire. Il faut dire qu’elle a tout gagné New Kim et son prix met en lumière une tradition belgo-néerlandaise.

La colombophilie, une passion et même un sport plusieurs fois centenaires et dont les Belges, Flamands comme Wallons sont les grands spécialistes : les colombiers y sont encore très nombreux, l’expertise ancienne, et les compétitions nombreuses.

Une retraite dorée pour pigeon millionnaire

Ne vous inquiétez pas pour elle : son nouveau propriétaire chinois va la bichonner comme aucun autre oiseau avant elle. Elle est promise à une nombreuse descendance. En fait, la mondialisation est aussi faite de passions partagées.

En l’occurrence, elle a mis en contact une vieille tradition colombophile du nord de l’Europe avec l’Asie, passionnée d’oiseaux d’exception. De plus, les courses de pigeons existent depuis toujours en Asie, par exemple aux Philippines.

Donc New Kim ira en Chine, comme Armando, un pigeon d’exception lui aussi qui avait été vendu pour 1,25 million d’euros l’année dernière. Mais les acheteurs peuvent être d’Afrique du Sud ou de Moyen-Orient, qui eux aussi ont une passion pour les oiseaux.

Des faucons choyés comme des joyaux

Pour les faucons précisément qui peuvent, pour les plus beaux, atteindre des prix ahurissants : en moyenne, un faucon de première classe vaut 60 000 euros et dans tous les pays du Golfe, les vétérinaires se sont spécialisés dans le soin prodigué à ces splendides animaux de race et de chasse.

Ça tombe bien : lundi, c’était la Journée mondiale de la fauconnerie avec, pour la première fois, une démonstration de fauconnerie féminine. Une nouveauté dans un monde dominé depuis 4 000 ans par les hommes. Quatre mille ans de tradition, qui dit mieux ?

Il y peut-être la très ancienne tradition des concours de chants d’oiseaux que l’on retrouve de l’Afghanistan jusqu’en Thaïlande – où c’est un sport national – et en Indonésie. Une passion qui a aussi des travers :

Des millions d’oiseaux sauvages sont braconnés tous les ans, notamment en Indonésie, pour être mis en cage et menace parfois de disparaître. Mais malgré tout, cette passion humaine pour les chants d’oiseaux, je n’arrive pas à ne pas trouver cela poétique.

En Indonésie, on compte plus d’un millier de concours par an, presque autant en Thaïlande. D’ailleurs je ne résiste pas à l'envie de vous faire écouter un champion, a mi-chemin entre la Belge New Kim et les forêts d’Asie du sud-est : une Géopélie Zébrée de Thaïlande, une cousine très volubile de nos pigeons voyageurs. Ce chant a d’ailleurs remporté le 1er prix d’un prestigieux concours thaïlandais. En résumé : un oiseau – son vol ou son chant - peut-être le lien le plus sûr entre les Hommes.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.