La famille Franco n'a pas dit son dernier mot. Bien au contraire. Les descendants du dictateur contrecarrent les plans de l'actuel gouvernement les concernant. De la tombe du dictateur à l'héritage de leur grand-père, ils multiplient les fronts. Et gagnent !

Décidément, les Espagnols ont du mal à se débarrasser de l'ancien dictateur Franco. Surtout lorsque la famille Franco s'ingénie à mettre des bâtons dans les roues du gouvernement actuel. Résumé des épisodes précédents : sitôt arrivé au pouvoir il y a quelques mois, le jeune premier ministre Pedro Sánchez signe un décret-loi important :

Il veut transférer le cadavre du dictateur. Celui-ci est enterré à une trentaine de kilomètres de Madrid dans un monument gigantesque, surmonté d'une croix de plusieurs dizaines de mètre de haut : El Valle de los Caidos. C'était compter sans la famille.

Puisque le décret-loi l'autorise à inhumer les restes où elle le désire, les six petits-fils et filles du dictateur décident d'inhumer la momie dictatoriale dans la cathédrale de la Almudena, en plein coeur de Madrid, juste en face du palais royal.

Pétain enterré à Notre-Dame de Paris

Non seulement l'Eglise est d'accord, mais c'est elle qui, il y a plusieurs décennies a vendu aux Franco une crypte à vocation mortuaire où la famille a d'pores et déjà inhumé la fille de Franco. Or il y a de la place pour cinq ou six cadavres dans cette cathédrale.

Qui, je le rappelle est LA cathédrale madrilène. C'est comme si Philippe Pétain était enterré à Notre-Dame de Paris. Le gouvernement, qui a voulu être humain et garantir les droits de la famille, s'est piégé tout seul. Comme on dit en Espagne : un but à zéro.

Donc, alors qu'il fallait jusqu'à présent prendre un bus ou sa voiture pour aller visiter la tombe du dictateur. Il fallait do,c vraiment le vouloir. Désormais, il suffira de descendre à la station de métro Oriente : à la portée de millions d'Espagnols et de touristes.

Deux statues "empruntées" et jamais rendues

Vous voulez dire, les héritiers du duché de Franco, non ? Parce que le roi d'Espagne leur a accordé à la mort du dictateur un des deux seuls titres ducaux héréditaires de l'histoire moderne de l'Espagne. Appelez-les monseigneur, s'il vous plait !

Mais pour répondre à votre question : ils ont encore frappé, évidemment. Il y a quelques mois, des journalistes se sont rendus compte que la famille possédait et exposait sur son domaine du Pazo de Meirás deux sculptures du XIIe siècle exceptionnelles :

Deux oeuvres du maitre Mateo datées de 1168 et qui appartiennent au porche dit de la Gloire de la cathédrale de Saint Jacques de Compostelle. En clair, après avoir traversé l'Europe, les pèlerins du moyen-âge étaient accueillis sur le parvis par ses sculptures.

Les tactiques judiciaires dilatoires des Franco

Ils ne les ont jamais acheté : Franco visitait un jour Saint Jacques avec son épouse de dictateur Carmen Polo. Cette dernière les a vu exposée à l'entrée de l'hôtel de ville et quelques jours plus tard, elles se sont retrouvées dans son vestibule. Point barre.

Du coup, l'Etat a entamé une procédure de restitution... qui achoppe sur les tactiques dilatoires des Franco. Par exemple, le juge s'est rendu compte pas plus tard qu'hier que les deux statues n'appartenaient plus à la famille mais à une société immobilière...

Une société gérée par Francis Franco. Autrement dit, il va falloir tout recommencer puisque l'acte d'accusation est au nom des six petits enfants. Mais il suffit qu'un autre des 6 petit-fils ou filles recommence l'entourloupe pour un nouveau tour de manèg

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