Deux mots pour résumer les commentaires de la presse européenne ? Révolution et au boulot !

Au travail, c'est le titre choisi par exemple par la Frankfurter Allgemeine Zeitung en Allemagne qui voit dans ces résultats l'infinie sagesse des Français :

La majorité parlementaire d'Emmanuel Macron sera franche mais pas écrasante. C'est une bonne nouvelle : la répartition des sièges à l'Assemblée Nationale laissera une place pour une vraie opposition, ce qui est une bonne nouvelle pour la démocratie. Le président pourra dès lors maintenir une vraie discipline au sein de sa République en Marche tout bonnement parce que le gouvernement aura de la compétition. C'est un préalable important pour permettre à Emmanuel Macron d'agir.

Quant à la révolution Macron, elle est au cœur même d'un long papier du Guardian titré de la façon suivante : « Macron a réussi un coup brillant, les Britanniques pourrait-il en faire de même ? ». La réponse est piteusement non, pas pour le moment en tous cas.

La France aime avancer à coup de moment politiques révolutionnaires et celui-ci en est indéniablement un. Il incube depuis plus d'une génération quand il est devenu évident qui ni droite, ni gauche n'avaient les capacités philosophiques ou intellectuelles de faire fonctionner la France.

  • Le Soir de Bruxelles aussi est impressionné par le parcours d'Emmanuel Macron

Et Béatrice Delvaux écrit presque avec admiration :

Et voilà, le roi est couronné. Emmanuel Macron vient de réaliser le parcours parfait qui tient définitivement de la prouesse, au terme d'un parcours sans faute. Celui qui a eu le courage d'oser la prise de risque sans filet, se retrouve avec un hyperpouvoir entre les mains. Il ne lui reste plus qu'à faire ce qu'il a promis : mettre la France en marche, redessiner le projet européen et faire de la politique autrement.

Même ton un rien admiratif dans l'édito de ce matin du _Corriere della Sera_ en Italie : « s'il est vrai que Napoléon ne voulait que des généraux chanceux, alors Emmanuel Macron est un général chanceux napoléonien. Reste à savoir qui est Napoléon ».

Et pour le Corriere, la réponse est claire : Napoléon, c'est la bourgeoisie française dont Emmanuel Macron est « le héros ». « Les capitaines d'industrie et de la finance qu'en France on appelle encore des 'patrons' l'ont soutenu et ont été généreux avec lui ».

La vérité, c'est qu'Emmanuel Macron est la bourgeoisie française. Elle n'en pouvait plus des vieux partis et des vieilles élites mais elle ne voulait pas d'une rupture trop violente. La bourgeoisie veut embrasser la modernité mais se méfie des fractures radicales. Macron a en quelque sorte gagné à la loterie mais contrairement à ses homologues italiens, lui n'a pas perdu le billet. Et ce n'est pas un chèque en blanc. Macron, c'est une grande chance, pour son pays, pour l'Europe et même pour nous autres Italiens.

  • En Espagne, c'est le paysage politique ancien détruit qui frappe les éditorialistes

Probablement parce que, là-bas, les vieux partis de droite et de gauche ont encore droit de cité. En France « le parti socialiste est blessé à mort et les Républicains sont décimés. Les deux partis ont présenté des candidats aux pieds d'argile. »

Ils ont en plus été victimes de leurs divisions. En route, les ambitions de l'extrême droite ont été frustrées et, dans une moindre mesure, celles de l'extrême gauche, châtiées par leur propositions anti-européenne et les erreurs de Le Pen et Mélenchon.

Reste la tribune de Genève qui, par goût du paradoxe, titre : « Macron démission ». Rassurez-vous, ce n'est pas une profession de foi. C'est tout simplement un graffiti trouvé par le commentateur du jour sur un mur en bas de chez lui.

« Déjà ? Et oui, pour certains, avant même qu'il n'ait commencé il devrait renoncer. Il est radical, ce graffiti, ridicule même mais révélateur d'un état d'esprit et d'un courant de pensée » qui mérite réflexion. Etat d'esprit : pas d'Etat de grâce pour le président.

Courant de pensée : une partie de la population ne souhaite pas être gouvernée par des figures qu'elle associe à l'Europe, au libéralisme voire à la démocratie mais préférerait se jeter dans les bras d'une figure autoritaire et populiste.

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