Voilà plus de deux mois que l'Acropole n'avait plus reçu de touristes. Lundi, le gouvernement grec a rouvert la merveille archéologique avec plus de 200 autres sites. Bientôt les visites d'étrangers ?

L'Acropole avec le Parthénon et les Propylées (patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1987) au-dessus d'Athènes
L'Acropole avec le Parthénon et les Propylées (patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1987) au-dessus d'Athènes © Getty / DEA / A. VERGANI

On part à Athènes ce matin où l'Acropole a enfin été rouverte aux visiteurs lundi. L'Acropole et plus de 200 sites archéologiques à travers le pays qui, tous, étaient fermés depuis deux mois pour cause de pandémie. Mais, on en a d'ailleurs parlé ensemble, la Grèce est l'un des pays d'Europe les moins affectés par le Covid19 : 165 décès en tout !

Donc, il était juste de « déconfiner » les Grecs, d'autant que cette semaine une première vague de chaleur estivale est venue caresser la Mer Egée. Prudemment, le gouvernement a donc permis l'ouverture de 500 plages. Avec des règles strictes : pas plus de 40 personnes pour 1000 m² de plages et les parasols distants de 4 m les uns des autres. Il y avait urgence : un emploi sur cinq en Grèce dépend du tourisme et, en Méditerranée, la concurrence ne manque pas.

Le secteur du tourisme reçoit de l'aide

A commencer par une aide d'urgence de l'Union européenne qui permet de financer l'équivalent du chômage partiel. Ensuite, le gouvernement essaie de passer des accords bilatéraux avec des pays comme Israël pour faciliter l'entrée des vacanciers.

Avec l'Union européenne, c'est plus compliqué : l'Italie et l'Espagne voient d'un œil assez sévère les initiatives grecques pour sauver l'été 2020. Et pour cause : eux-aussi sont très dépendants du tourisme. Mais que faire face à la « conjuration des petits pays » ? J'entends par là ces petits pays méridionaux qui ont impeccablement géré la pandémie et pourrait servir de refuge pour des touristes effrayés par les chiffres épidémiques italiens ou espagnols. Je pense à la Grèce donc, mais aussi au Portugal et à la Croatie.

Encore faut-il que l'on puisse voyager cet été !

Du coup, certains pays s'organisent pour créer des « bulles » touristiques. Les pays de l'Est de l'Europe, par exemple, ont un bilan Covid19 plutôt flatteur : ils commencent donc à envisager à autoriser les visites entre eux : les Slovaques pourraient séjourner en Pologne ou en Tchéquie mais pas les Français, ni les Italiens. D'autres proposent des « couloirs » touristiques, histoire de lier entre eux les pays les mieux disants sanitaires, comme l'Allemagne et la Grèce, par exemple.

Evidemment, d'autres ont compris le danger. Le ministère turc du tourisme, par exemple, a multiplié les coups de fils auprès de plus de 70 pays pour les assurer de la salubrité des stations balnéaires turques. Pour la Turquie, c'est une question vitale !

La concurrence est rude pour accueillir les touristes européens

D'une part la Turquie a énormément misé sur le tourisme, portant à bout de bras la compagnie aérienne nationale, Turkish airlines, et investissant des milliards de dollars dans le nouveau et gigantesque aéroport d'Istanbul. L'idée était de faire concurrence aux compagnies aériennes du Golfe et de proposer Istanbul plutôt que Dubaï. La crise économique sévère, la guerre à ses frontières et le coronavirus ont ruiné ce plan pour des années. Reste qu'il faut continuer de payer : des milliards que la Turquie doit emprunter sur le marché à 13%. L'Italie et l'Espagne empruntent 10 fois moins cher ! 

En plus, ils font preuve d'initiatives inattendues : la Sicile, par exemple, est prête à offrir a tout ceux qui voudraient venir la moitié du prix du billet d'avion et le tiers des nuitées d'hôtel ! La région prévoit de financer 600 000 forfaits touristiques ! 

La guerre coquillage et crustacés ne fait que commencer.

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