A-t-on retrouvé le Picasso volé en 2012 à Rotterdam ? Finalement non, il s'agissait d'un canular artistique qui a trompé l'ensemble de la presse internationale (et votre serviteur, penaud). Mais l'ensemble de cette histoire qui commence par un vol spectaculaire vaut la peine d'être tout de même racontée.

Dérobé en 2012,  on a crû pendant quelques heures que le tableau "Tête d'Arlequin" de Picasso était enfin retrouvé enterré en Roumanie
Dérobé en 2012, on a crû pendant quelques heures que le tableau "Tête d'Arlequin" de Picasso était enfin retrouvé enterré en Roumanie © AFP / STAN HONDA

C'est une histoire digne d'Arsène Lupin qui s'est jouée en Roumanie. C'est même la plus folle et la plus incroyable des histoires de vol de tableaux de ces 10 dernières années. D'abord, la chute : on apprenait ce weekend qu'un chef-d'oeuvre de Picasso, la Tête d'Arlequin, avait été restitué à l'ambassade des Pays-Bas.

Pourquoi restitué ? Parce qu'il faisait partie d'un ensemble de 7 toiles de maître volées en 2012 au musée Kunsthal de Rotterdam. Un vol qui avait à l'époque été qualifié de « casse du siècle » : les 7 toiles avaient été estimées à près de 160 millions d'euros.

Il y avait du lourd ! Deux Monet, un Matisse, un Gauguin, un Lucian Freud, un Meijer de Haan et donc, la Tête d'Arlequin de Picasso. Les voleurs sont passés par une sortie de secours et ont bêtement décroché les tableaux : trois minutes, montre en main !

La Roumanie et le feu de joie d'Olga

En fait, les monte-en-l'air de Rotterdam étaient plutôt arsouilles que « Ocean Eleven » ou Arsène Lupin, si vous voulez. Les policiers ont vite découvert leur identité, notamment parce qu'ils n'avaient pas mis de gants et qu'il y avait des caméras partout.

Très vite, on a su qu'ils étaient Roumains et qu'ils étaient retournés en Roumanie après leur larcin. Leur « chef », Radu Dogaru, est même retourné chez maman, Olga Dogaru.

Or Olga a une importance capitale : c'est chez elle que les sept chef-d'oeuvre ont été entreposés. Et lorsqu'elle a compris que son « grand garçon » avait fait une grosse bêtise, elle aurait fait disparaître les preuves et brûlé les 7 toiles dans un poêle à bois !  

C'est reparti pour un tour de manège

D'abord, non ! Olga n'a rien d'une spécialiste de l'histoire de l'art. Elle vivait dans un coin reculé de Roumanie. Et elle été condamnée avec les autres.

D'ailleurs, on sait qu'une partie de ce que raconte Olga est vrai : on a retrouvé les cendres d'au moins trois, voire quatre tableaux dans son poêle. Ensuite, aucun tableau n'a jamais refait surface... Avant ce weekend, donc.

Il y a une dizaine de jours, une écrivaine d'origine roumaine mais installée aux Pays-Bas reçoit une lettre anonyme en roumain. Ce n'est pas n'importe qui, cette écrivaine : Mira Feticu, elle a d'ailleurs écrit un livre sur ce vol.

Un canular digne de Banksy !

Or la lettre contenait une carte au trésor! Il fallait se rendre dans une forêt, repérer une pierre sous un arbre et creuser. Elle était tellement émue, notre écrivaine, qu'elle a creusé à mains nues ! Pour retrouver le fameux Picasso ! Mais cette histoire est en fait un superbe canular !  Organisé par deux artistes, inspirés visiblement par Banksy. On l'a appris cette nuit à 3 heures du matin ! 

En fait, il ne fallait pas seulement faire preuve d'une méfiance de sioux mais lire les petites lignes des articles où la police roumaine, notamment, expliquait devant l'emballement général « avoir de sérieux doutes sur l'authenticité de l'oeuvre ». Tout est fou dans cette histoire, y compris ce canular artistique final et rageant ! Il faut bien le dire !

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