Le khat c'est un arbuste cultivé en Ethiopie, au Kenya et jusqu'au Yémen dont les feuilles machouillées vous mettent dans un état gentiment second.

Jeune homme mâchant du Khat à Sanaa au Yemen
Jeune homme mâchant du Khat à Sanaa au Yemen © Corbis / Scott Wallace
  • Une revue de presse américaine, deux jours après l'explosion qui a fait 29 blessés à New York

Commentaire comparé : on ne peut pas imaginer traitement plus radicalement différent d'un attentat terroriste, une information majeure, qu'entre la France et les Etats-Unis.

Je résume : une bombe artisanale qui explose dans le New Jersey, Etat voisin de New York, une autre dans Manhattan qui fait 29 victimes, une troisième que l'on découvre à quelques mètres de là. Et enfin, une attaque au couteau blessant 8 personnes dans le Minnesota.

En France, les chaînes d'infos multiplieraient les direct, se mettraient en « édition spéciale », les politiques rivaliseraient de commentaires et les quotidiens de gros titres, et ce pendant des jours et des jours. On comprend : la France est traumatisée.

Or aux Etats-Unis, ce qui frappe en lisant la presse, c'est l'extrême prudence des médias. Du New York Times qui titre « aucun lien décelé avec le terrorisme global », à New York Times qui parle d' « une enquête en cour »...

Même USA Today, l'équivalent du Parisien – Aujourd'hui en France, qui évoque la piste terrorisme mais insiste surtout sur le millier de renforts policiers. Tout est fait, dans tous les médias pour ne surtout pas s'avancer, conclure et paniquer la population.

Même la revendication de l'Etat islamique pour les attaques au couteau dans le Minnesota est traitée avec des pincettes.

En fait, il faut aller dans les pages des tabloïds pour nourrir notre curiosité un peu malsaine.

Dans le New York Daily News, on apprend que l'auteur d'un blog Tumblr revendiquant l'attentat assure avoir voulu lutter l'oppression des gays. Dans le New York Post, c'est un appel au service d'urgence (911) qui promet « d'autres bombes » qui fait la une du tabloïd.

Toutes infos invérifiables et donc, non reprises par la presse statutaire qui est d'une remarquable retenue, hier, ce matin et probablement encore demain.

  • En Somalie, les autorités ont bien essayé d'interdite le khat, mais sans grand succès...

Une semaine, l'interdiction a duré une semaine. Pas un jour de plus dans ce pays de la corne de l'Afrique qui sort de dizaines d'années de guerre et dont le gouvernement contrôle à peine plus que Mogadiscio, la capitale, et sa région.

Le khat c'est un arbuste cultivé en Ethiopie, au Kenya et jusqu'au Yémen dont les feuilles sont mâchouillées sitôt cueillies et qui, grosso modo, vous mettent dans un état gentiment second.

Le problème, c'est que la consommation de khat est un frein au dynamisme économique.

D'où le coup de colère du président, Hassan Sheikh Mohamud, et son interdiction brutale, c'était il y a donc une semaine. Mais comment a-t-il fait pour interdire le khat aux Somaliens ? Dans le cas de la Somalie, ça a été très facile : 90% du khat arrive tout bêtement à Mogadiscio en avion. Seize avions cargos quotidiens qui emmènent le khat fraîchement cueilli au Kenya voisin.

Donc pour interdire le khat, il suffit d'empêcher les avions kenyans de débarquer leur marchandise à l'aéroport. Non, les ennuis sont venus tout de suite après. D'abord, le khat fait vivre des milliers de Somaliens : transporteurs, grossistes, revendeurs, livreurs... Une petite industrie qui pèse de 350 à 650 000€ par jour !

Ensuite, il y des milliers de miliciens Somaliens armés jusqu'aux dents dans Mogadiscio que la privation de khat commençait à rendre nerveux. Trop dangereux de les laisser sans feuilles à mâcher.

En fin de semaine dernière, les avions cargo chargés de khat ont donc repris leur tournée. Les consommateurs somaliens ont eu dès ce weekend le sourire béat, la langue verte et la Kalashnikov tranquille qui convient à tout brouteur de khat qui se respecte.

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