Imaginez une île d'à peine 1,5 hectares en pleine Méditerranée. Un joyau de sable blanc, de mer turquoise que les Italiens eux-mêmes appellent le « paradis rose », à cause des teintes rosées que prennent ses rivages à l'aube ou au crépuscule...

Bienvenue à Budelli !

Petite île précieuse de l'archipel de la Maddalena, au nord-est de la Sardaigne. Une soixantaine d'îles et d'îlots à la nature si pure, si préservée que l'ensemble est un parc national et qu'il faut une autorisation spéciale pour accoster entre mai et septembre.

La plage rose de Budelli
La plage rose de Budelli © / Luca Giudicatti

Tout l'archipel donc est protégé sauf Budelli qui échappait à cette classification, parce qu'elle était privée. Et là les ennuis commencent : en 2013, un tribunal chargé de liquider les avoirs d'une entreprise familiale en faillite met en vente la merveille.

Sitôt mise en vente, sitôt achetée par un milliardaire néo-zélandais qui la paie 3 millions d'euros et promet de ne pas toucher un grain de sable. Il veut même y créer une sorte de réserve naturelle ouverte à tous. Il s'appelle Michael Harte ce milliardaire. C'est à ce moment-là que la mobilisation citoyenne commence. Les Sardes, mais pas seulement, se mobilisent contre le Néo-Zélandais en expliquant qu'une telle merveille doit revenir à tous les Italiens et intégrer le parc naturel.

Je vous passe les péripéties : l'Etat italien met des bâtons dans toutes les roues possibles du milliardaire, provisionne même 3 millions pour racheter l'îlot et finit par vaincre : Michael Harte lâche l'affaire. En février, il abandonne et repart piteux en Nouvelle-Zélande.

C'est donc une histoire qui se termine plutôt pas mal : l'intérêt général est sorti vainqueur. Fin mars, dans la liesse générale y compris populaire et médiatique, le tribunal attribue Budelli au parc national de l'archipel de la Maddalena pour 3 millions d'euros.

Hier, les Sardes ont appris que le parc national renonçait à racheter l'île. Parce qu'il ne suffit pas de racheter Budelli, il faut l'entretenir. Or le parc a estimé ne pas avoir les moyens humains et matériels d'assurer cette mission.

Retour à la case départ et cette fois-ci, le tribunal furieux a fait savoir que le premier millionnaire qui se présenterait à la barre avec du cash emporterait le morceau, ou plutôt le « paradis rose » des Italiens. C'est presque un conte moral, cette histoire.

Une revue de presse américaine et même new-yorkaise

Avec une victoire franche et massive d'Hillary et de Donald qui se traduit en une du New York Times par ses mots : «Trump et Clinton ont vaincu facilement à New York ». M. Trump a repris le contrôle de la campagne républicaine ».

« Et de la même façon Mme Clinton a infligé une défaite sévère à Bernie Sanders en remportant largement son Etat adoptif avec le puissant soutien des femmes et des noirs de New York ».

Relance : la une du New York Post dit évidemment la même chose

mais avec un humour très... new-yorkais. Sur la une du tabloïd, on voit Donald Trump accroché au sommet de l'Empire State Building comme King Kong et ce titre : King Don ! Don pour Donald évidemment.

L'autre tabloïd de la grosse pomme, le New York Daily News, ne se tient plus de joie. Lui qui soutient la candidature de Trump claironne en une la « yuge » victoire du favori républicain. « Yuge », qui veut dire « émorme » écrit avec un Y et non un H.

C'est devenu le cri du guerre de Trump, ce « yuge » avec un Y qui défie l'orthodoxie orthographique, comme Trump defie l'orthodoxie politique et partisane.

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