Des lions à la cool sur des routes, des pumas dans les rues de Santiago du Chili, des sangliers à Barcelone : la nature sauvage aime le confinement de la moitié de l'humanité.

Suite au confinement, des lions de mer ont été vus sur le port à Mar del Plata en Argentine
Suite au confinement, des lions de mer ont été vus sur le port à Mar del Plata en Argentine © AFP / MARA SOSTI

Ce matin, vous nous emmenez voir des lions en Afrique du Sud... Oui mais des lions à la cool ! Ce week-end, un groupe d'une quinzaine de lions a été surpris affalés au beau milieu d'une route passant au cœur du parc Kruger. A la fraîche les félins ! Il faut dire que le parc est fermé aux touristes depuis le 22 mars :

Pas de touristes, pas de voitures et l'asphalte c'est délicieusement chaud ! Et le phénomène se reproduit partout dans le monde ! On a vu un puma dans les rues de Santiago du Chili, un cougar dans une ville du Colorado, des sangliers dans les rues de Barcelone.

Des chèvres sauvages du Pays de Galles, descendues en ville brouter les plate-bandes, des bébés tortues sur des plages brésiliennes vidées, et même des lions de mer de 400kg reluquant des boutiques de souvenirs de la station balnéaire de Mar del Plata, en Argentine.

C'est donc la fête aux animaux sauvages, cette pandémie !

Un article du Washington Post fait assez justement remarquer que ce ne sont pas tant les animaux qui ont changé leurs habitudes que nous, homo sapiens, les nôtres. Normalement, entre 9h et 17h, les animaux sauvages ont la paix : nous sommes au travail.

Sauf que, comme la moitié de l'humanité confinée regarde par la fenêtre, nous voyons aujourd'hui ce que nous négligions hier. Nous nous émerveillons devant des civettes en Inde qui errent dans les rues d'une ville du Kerala, alors qu'en fait elles ont toujours été là.

Elles prennent juste un raccourci et sont un peu moins prudentes qu'à l'ordinaire. Les animaux, surtout les grands, mettent des années à se constituer des trajets sûrs. Ils n'en changent pas en quelques jours, ou alors à la marge. Avec le confinement, la peur a simplement changé de camp !

Un moment unique pour la faune sauvage !

Si l'on met de côté une crainte de recrudescence de la chasse aux Etats-Unis – pour se nourrir en cette période de disette- c'est effectivement une année faste et notamment pour un animal très en danger et dont on a beaucoup parlé : le pangolin !

Les huit espèces de ce drôle de fourmilier à écailles, sont toutes en danger, en Afrique comme en Asie : elles sont chassées pour leur viande, mais surtout pour leurs écailles dont on fait des médicaments en médecine traditionnelle chinoise et asiatique.

La chasse et le commerce du pangolin sont pourtant strictement interdites depuis 2016 dans le cadre d'un accord signé par 183 nations. Mais, jusqu'à présent rien n'y a fait : la Chine et le Vietnam, entre autres, continuaient d'en importer et d'en consommer.

La Chine bouge... et le Vietnam aussi !

Depuis le 24 février, la Chine a formellement interdit la consommation et surtout le commerce d'animaux sauvages, dont le pangolin, fermant des dizaines de fermes d'élevage et de marchés. Le Vietnam devrait légiférer dans les jours qui viennent.

Mais en 2003 aussi, après l'épidémie de SRAS, la Chine avait fermé ses marchés d'animaux vivants, dits « humides », et les avait rouverts un an plus tard. Mais il y a un détail qui montre que peut-être cette fois-ci, les choses sont prises plus au sérieux. 

Les compagnies d'assurance-santé chinoises ne rembourseront plus les médicaments traditionnels élaborés à partir d'écailles de pangolin. C'est donc un alinéa dans un contrat d'assurance qui sauvera peut-être une des espèces les plus menacées au monde.

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