Mis en cause dans l'explosion d'un dépôt d'armes en Tchéquie, le GRU est un service de renseignement russe peu connu mais redoutable. Négligeant aussi et souvent amateur.

A la surprise générale, le gouvernement tchèque a déclaré « persona non grata » 18 diplomates russes. Pour justifier pareille charrette, Prague accuse Moscou d’être derrière l’explosion en 2014 d’un dépôt d’armes et de munitions. (Où ?)

Une explosion qui a causé la mort des deux gardiens de ce dépôt isolé. Au centre de ces accusations, un service de renseignement russe peu connu, le GRU. Rien à voir avec le personnage « moche et méchant » des Minions ! Encore que…

Le GRU, c’est le service de renseignement et d’action de l’armée russe. Ce serait le plus puissant et le mieux doté des services secrets russes et surtout il serait en partie dédié aux sales coups, surtout en Europe.

Le GRU, un service méconnu

Sur le papier, il est terrifiant : la seule unité 29 155 compte 200 espions dont une vingtaine de tueurs. Or c’est elle qui est mise en cause en Tchéquie mais aussi en Grande Bretagne dans l’affaire de l’empoisonnement en mars 2018 de l’ex-espion russe Sergei Skripal et de sa fille.

Sauf qu’ils sont tellement approximatifs dans la préparation et l’exécution de leurs missions qu’ils se font prendre comme des bleus ! Les deux officiers du GRU accusés de l’explosion tchèque sont les mêmes qui ont empoisonnés le domicile des Skripal à Salisbury.

Ils n’ont même pas pris la peine de changer d’identité et de passeport ! Des passeports dont, en plus, les numéros sont tous issus d’une même série de vrais-faux passeports utilisés par ces Dupont et Dupond du meurtre sur commande.

Les services de renseignements occidentaux n’ont eu qu’à suivre cette série de passeports pour retracer les déplacements de tous ces espions Russes en mission. 

Des missions plus ou moins ratées

Vous en voulez ? Pas de problème : en avril 2018, 4 autres officiers du GRU ont été pris la main dans le sac aux Pays-Bas au siège de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques à La Haye qu’ils ont tenté de hacker.

Dans leur voiture, ils ont trouvé tout un bric-à-brac d’ordinateur, de routeur, d’antenne Wifi, de téléphone et de batteries de rechange. Sans oublier 20 000 dollars en petites coupures sans lesquels une mission d’espionnage ferait petit bras.

Les enquêteurs néerlandais ont même réussi à retracer l’itinéraire de ces « 4 Fantastiques » jusqu’en Russie grâce aux téléphones portables. L’un d’entre eux aurait « borné » dans une caserne du GRU à Moscou indiquée sur Google map !

Au-delà de la plaisanterie, on peut aussi supposer que la Russie veut qu’on sache ce dont elle est capable. Ces opérations « à la gribouille » serait une sorte de signature mêlé d’un message de cruauté et d’audace dont la devise serait : vu, pris et même pas peur.

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