En visite officielle les 24 et 25 février prochain, Donald Trump ne verra rien de ce bidonville du Gujarat abritant 2 000 pauvres. Un mur a été construit pour le cacher. Scandale !

Un ouvrier construit un mur à Ahmedabad
Un ouvrier construit un mur à Ahmedabad © AFP / SAM PANTHAKY

Direction l'Inde ce matin, qui pour accueillir Donald Trump construit un mur. 

Ce n'est pas un hommage au "Big Beautiful" mur, au "Grand beau" mur, que Donald Trump désespère d'édifier à la frontière américano-mexicaine. Celui-là, de mur, on en a parlé en début de semaine, hante les cauchemars du 45e président des Etats-Unis.

Non, il s'agit d'un mur certes construit pour Donald Trump, mais en Inde et précisément dans l'Etat côtier de l'ouest indien du Gujarat où il se rendra en visite officielle les 24 et 25 février prochain. Un simple mur de 1610 pieds de long, soit environ 500 mètres.

Même pas si haut que cela d'ailleurs. A l'origine, il devait faite deux mètres de haut, mais finalement, il n'en fera qu'à peine un mètre vingt. Donc, dans le genre « mur » présidentiel, celui-là sera très modeste. Pour être précis, disons un « muret ».

Un "muret" pour cacher les pauvres

Mais un "muret"  fait la une de l'actu indienne depuis plusieurs jours maintenant. C'est d'ailleurs devant le tollé provoqué par sa construction qu'il a rétréci, ce mur. Vous allez comprendre très vite pourquoi : Donald Trump sera donc invité dans le Gujarat par le Premier ministre indien Narendra Modi. Pour l'occasion, on a mis les petits plat dans les grands : Donald Trump ira inaugurer à Ahmenabad, la capitale, le plus grand stade de criquet au monde !

Mais pour ce rendre à ce stade, il faut passer devant un bidonville plein de pauvres : 2 000 pauvres. D'où le mur : cachez ces pauvres qu'un président américain ne saurait voir.

Des habitants expulsés pour faire place au Donald

D'autant que ce n'est pas la seule mesure qui a été prise pour complaire à Donald Trump. Il se trouve qu'aux abords du stade d'Ahmenabad, vit une quarantaine de familles.

Toutes ont reçu la semaine dernière un avis d'expulsion. Ce qui fait dire à l'un des résidents, Sanjay Patani : 

Nous vivons là depuis vingt ans et on nous expulse parce qu'un visiteur étranger vient 24h visiter. Où est la justice ?

Les autorités gujaraties, elles, expliquent que le mur n'a été bâti que pour des raisons de sécurité et d'embellissement et que les les familles expulsées étaient installées illégalement. La coïncidence avec la visite de Donald Trump étant fortuite.

Les Indo-Américains votent Trump

Et vous avez raison : les Etats-Unis ont récemment "puni" l'Inde en augmentant les taxes à l'importation d'acier et d'aluminium indien. Ce à quoi l'Inde a répondu en taxant les produits agricoles étas-uniens. Donc cette visite est une tentative, de part et d'autre, de se rabibocher. 

Mais il y a une autre raison à cette visite, électorale cette fois : Donald Trump s'est rendu compte qu'une des seules minorités auprès desquelles il était populaire était précisément les Américains d'origine indienne. Ils sont près de 4 millions et, pour novembre prochain, chaque voix comptera. Alors... Namasté Donald Trump !

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