On prend le chemin de l'Italie pour une véritable affaire d'Etat : punir les fonctionnaires indélicats...

Il y a quelques jours à peine à la télévision, Matteo Renzi, Premier Ministre italien, les a appelés les «Truffatori» , les escrocs, - ou les affreux, sales et méchants, comme dirait Ettore Scola - et veut faire voter une nouvelle loi pour les licencier en 48h chrono.

Qui sont ces « escrocs », ces tire-au-flanc qui enflamment ainsi un Premier Ministre de gauche ? Tout a commencé en octobre dernier par une enquête de la police de San Remo, sur la Riviera italienne.

À l'issue de cette enquête, 195 employés municipaux ont été mis en examen et 35 autres placés en résidence surveillée pour tricherie. En fait, tous pointaient - soit pour des collègues absents - soit pour eux-mêmes avant de repartir « a la casa ».

Dans cette enquête, les policiers ont même suivi deux épouses de fonctionnaires qui, tranquillement, pointaient à la place de leurs maris avant d'aller au marché. Il y aussi le cas de ce rond-de-cuir qui venait pointer le matin avec sa planche de surf sous le bras.

Depuis octobre, toute la presse s'est mise à mener l'enquête. On a ainsi repéré le cas de neuf employés d'un musée de Rome qui pointaient les uns pour les autres avant d'aller jouer au courses ou de regarder des matchs au bistrot du coin.

Ou bien encore, ce policier municipal qui, parce qu'il vivait au-dessus de son poste, descendait pointer en pyjamas et en bâillant avant de, selon toute évidence, retourner se coucher. Pour les Italiens qui subissent la crise, c'est devenu insupportable.

Mais la vraie raison de la colère du Premier Ministre, c'est qu'une loi existe et qu'elle ne fonctionne pas : sur 7 000 de fonctionnaires épinglés en 2013, seuls 219 ont été révoqués. En plus, la procédure, même en flagrant délit, prend en moyenne 102 jours.

En clair, ça n'est ni dissuasif, ni efficace. D'où l'impatience de Matteo Renzi et son idée de licenciement exprès en 48h. Il a d'ailleurs été reçu 5/5 : hier, une salve de quatre premiers lienciements de fonctionnaires « Truffatori » de San Remo a été effectué.

Une revue de presse consacrée aux réfugiés qui continuent d'arriver aux portes de l'Europe malgré l'hiver

Camps de réfugiés à Lakki sur l'ile de Leros
Camps de réfugiés à Lakki sur l'ile de Leros © MaxPPP/Arnaud DUMONTIER

En lisant la presse ce matin, on a nettement l'impression que la situation commence à se tendre partout en Europe. Par le biais de la BBC , on apprend par exemple que la Norvège a décidé de renvoyer les réfugiés venant de pays dits « sûrs ».

Cela représente 5 500 personnes qui seront, par exemple, reconduites à la frontière russe d'où elles viennent. Le premier bus partira aujourd'hui du Nord de la Norvège alors qu'il fait en ce moment - 30°C et que la Russie n'a aucune intention de les accueillir.

De la même façon, mais au Danemark cette fois et grâce au Telegraph de Londres, on peut lire que les boîtes de Copenhague ont collectivement décidé d’interdire l'entrée aux étrangers qui ne parlent ni anglais, ni allemand, ni bien sûr danois. Une façon évidente de viser les réfugiés récemment arrivés.

Enfin en Finlande, le quotidien d'Helsinki Aamulehti raconte que des milices d'autodéfense se sont constituées dans tout le pays pour surveiller les réfugiés . Du coup, d'autres Finlandais ont rétorqué en créant des milices de clowns qui suivent les premières à la trace, histoire de les ridiculiser. La situation se tend dans toute l’Europe, alors autant finir par un sourire.

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