Le président autoproclamé du Vénézuéla a quitté le pays alors qu'il fait l'objet d'une interdiction de sortie de territoire. L'opposition, par son intermédiaire, cherche un second souffle.

Juan Guaido, chef de l'opposition et président autoproclamé du Vénézuéla, a quitté le pays alors qu'il fait l'objet d'une interdiction de sortie du territoire
Juan Guaido, chef de l'opposition et président autoproclamé du Vénézuéla, a quitté le pays alors qu'il fait l'objet d'une interdiction de sortie du territoire © AFP / Yuri Cortez

Direction la Colombie se matin, où se trouve le vénézuélien Juan Guaido. A priori, ça rien d'anormal : la Colombie et le Venezuela sont voisins, passer de l'un à l'autre est même un sport national pour les Vénézuéliens qui, soit fuient leur pays, soit viennent acheter en Colombie ce qu'on ne trouve plus de l'autre côté de la frontière.

Sauf que Juan Guaido, chef de l'opposition et président autoproclamé du Venezuela, reconnu par une soixantaine de pays, fait l'objet d'une interdiction de sortie du territoire. Autrement dit, pour lui, voyager à l'étranger, c'est un défi.

D'ailleurs il est sorti clandestinement du Venezuela et a « tweeté » son aventure alors qu'il était déjà en Colombie. Il s'y rend à l'invitation permanente d'Iván Duque, président colombien. En suite, il se rendra à un sommet régional sur le terrorisme, puis à Davos.

Pourra-t-il rentrer sans être emprisonné ?

C'est toute la question ! Le gouvernement vénézuélien n'a que de mauvaises solutions lorsqu'il reviendra : soit l'emprisonner et risquer une nouvelle volée de bois vert à l'international, voire de nouvelles sanctions, soit le laisser libre et perdre la face.

D'autant que Juan Guaido va multiplier les humiliations pour le régime de Caracas : il va rencontrer Mike Pompeo, le secrétaire d'Etat étasunien, puis Donald Trump, en marge de Davos. Sans oublier qu'il sera partout reçu avec les honneurs dus à un chef d'Etat.

Mais en fait, cette tournée est surtout le signe de l'essoufflement de cette opposition qui, en un an, n'a pas réussi à renverser le président Maduro et son régime militaro-policier. En sortant du pays, en défiant Caracas, Juan Guaido cherche un second souffle.

La crise est toujours omniprésente

C'est vrai : il y a toujours des coupures d'électricité dantesques, il est toujours difficile de procurer des médicaments ; les services publics – transport, hôpitaux, écoles – sont délabrés et manquent de tout et la monnaie locale, le bolivar, ne vaut plus rien.

Fin 2020, l'ONU table sur 4 millions de réfugiés vénézuéliens, répartis entre la Colombie, l'Equateur, le Brésil et le Pérou. C'est-à-dire autant que de réfugiés Syriens. La seule amélioration, au Vénézuéla, est une baisse, relative mais réelle, de la criminalité.

La crise, même pour les voleurs à la tire

En partie oui : la réalité du régime de Nicolas Maduro est policière et militaire. Mais pour voler à la tire, il faut encore qu'il y ait quelque chose à voler. Or les porte-monnaies sont vides !

Les Caraquègnes ont troqué depuis longtemps l'argent liquide par la carte de crédit. De plus, la spécialité locale était le vol en moto, mais il n'y plus de pièces détachées. Les motos sont donc à l'arrêt. Enfin, une arme à feu coûte 1 200 $ sur le marché noir.

C'est-à-dire 20 ans de salaire moyen à taux de change actuel. Autrement dit, les petits voleurs du quotidien sont donc au chômage.

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