La plus célèbre baudruche de la décennie, haute de six mètres et représentant un Donald Trump orange et en couches, vient d'entrer dans les collections du "Museum of London". Récit.

"Bébé Trump" flottant au-dessus de manifestants en janvier 2020
"Bébé Trump" flottant au-dessus de manifestants en janvier 2020 © AFP / C3396 / DPA / dpa Picture-Alliance

On part en Grande Bretagne ce matin, pour une histoire de ballon gonflable... Mais le ballon de baudruche le plus célèbre de la décennie : un ballon gonflé à l’hélium de six mètres de haut et qui représente – je suis sûr que tous nos auditeurs s’en souviennent – un bébé Donald Trump en couche, en colère, son portable dans la main !

Eh bien lundi, le Musée de Londres a fait savoir qu’il intégrait cette baudruche dans ses collections dédiées aux manifestations marquantes. Pour justifier cet ajour, le directeur du musée parle d’un objet emblématique d’un « moment de résistance ».

Une histoire si londonienne !

C’est une histoire très anglaise : « bébé Trump » est né dans un pub ! Un groupe d’amis se rencontrent et se demandent ce qu’ils peuvent bien faire pour protester contre ce président car Donald Trump venait d’être invité à Londres par Theresa May. Une visite qui doit avoir lieu en juillet 2018. Mais en plus du pub, ces militants tiers-mondistes renouaient avec deux vieilles traditions locales : d’abord le « nonsense » si britannique ; ensuite, une longue histoire de caricature. Nos auditeurs se souviendront peut-être de l’émission des années 1980 intitulée « Spitting Image ». Qui vient de renaître d’ailleurs !

Viser le fragile ego du président américain

Le 13 juillet 2018 exactement ! Ce jour-là des milliers de Britanniques manifestaient aux abords de Westminster. Le but, de l’aveu même des créateurs de cette baudruche orange au toupet jaune canari, était de "viser le fragile ego du président américain".

Mission accomplie au-delà de leurs espérances, puisqu’ils ont même eu droit à une remarque présidentielle : Donald Trump s’en est pris au maire de Londres Sadiq Khan, l’accusant de "manquer d’hospitalité envers un étranger aussi important" que lui-même.

Ce à quoi le maire de Londres a répondu que son boulot était "de s’assurer que les manifestations se passaient bien, pas de censurer ni d’être l’arbitre des élégances et du bon goût". La carrière triomphale du "bébé Trump" était lancée !

Un succès mondial !

D’abord en Grande-Bretagne, quand un an plus tard Donald Trump est revenu en format visite non plus officielle mais d’Etat, avec réception à Buckingham et revue des troupes. Mais aussi en France, pour les cérémonies du centenaire de l’armistice de 1918.

En Argentine, pour le sommet du G20 de décembre 2018. Ensuite un peu partout dans le monde, chaque fois qu’il se déplaçait. La dernière fois, c’était à Tulsa dans l’Oklahoma, en juin 2020, alors qu’il s’apprêtait à tenir un de ses énormes meetings de campagne.

La leçon de cette histoire ? Peut-être qu’au fond, la seule trace que laissera dans l’Histoire ce 45e président des États-Unis, c’est ce bébé criard de  six mètres de haut, orange et jaune, mais surtout gonflé à l’hélium… un peu comme l’ego de Donald Trump.

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