La commission d'enquête internationale sur le vol MH17 vient de délivrer ses premiers mandats d'arrêt et la Russie nie toujours. Mais les Néerlandais veillent et ne lâcheront jamais rien.

Des policiers autour de l'avion MH17 de la Malaysian Airlines dans le village Grabovka, en Ukraine en 2014
Des policiers autour de l'avion MH17 de la Malaysian Airlines dans le village Grabovka, en Ukraine en 2014 © Getty / Kate Geraghty/The Sydney Morning Herald/Fairfax Media

Hier, les enquêteurs internationaux sur le vol MH17 ont requis leurs premières mises en examen... Pourquoi avoir attendu si longtemps ? Près de cinq années se sont, en effet, écoulées depuis ce terrible 17 juillet 2014, date d'un des crimes d'Etat les pires de ces trente dernières années : la destruction en vol du Boeing 777 de la Malaysian Airlines au-dessus de l'Ukraine. 

En fait, il y a plusieurs réponses à votre question. La première est que ces enquêtes sont extrêmement minutieuses et doivent réunir des dizaines de compétences : balistiques, informatiques, aéronautiques, militaires, juridiques et le tout, en plusieurs langues.

La seconde, c'est le brouillard d'infox mis en place par le Kremlin pour semer le doute. Selon le bon vieux principe des services secrets, toujours nier, la Russie a exigé de ses chiens de garde, RT en tête, de multiplier les contrefeux et les dénégations.

Une guerre médiatique !

C'est vrai ! Et face à cette offensive russe tous azimut, il fallait une enquête impeccable et des preuves accablantes. Elles le sont : on a même retrouvé le numéro de série du missile russe Buk qui a abattu le MH17 et des photos avant et après !

Avant le tir, on voit la batterie entrer en Ukraine chargé de 4 missiles et revenir,après le tir, avec seulement trois missiles. Mais on a des conversations au plus haut niveau des autorités russes, comme de simples soldats de l'unité à laquelle appartenait cette arme.

Bref, il fallait qu'il n'y ait aucun doute – tant le crime est énorme : 298 victimes tout de même qui, pour la plupart, partaient en vacances en Malaisie. C'est une des raisons de l'infinie précision de cette enquête et du temps passé à rassembler les preuves.

La Russie, elle, continue de nier...

De toute façon, la Russie nie toujours, encore et toujours. Ce n'est pourtant pas la première fois que l'armée russe abat un avion de ligne : en 1983, déjà la chasse russe tirait sur un Boeing de la Korean Airlines : 246 morts et les mêmes dénégations.

Mais je vous dirais que dans cette tragédie du vol MH17, il y a tout de même un peu de justice : l'essentiel des victimes sont néerlandaises : 193 disparus. Or les Néerlandais sont des rancuniers. De ceux qui ne lâchent jamais rien sans avoir obtenu des comptes.

C'est si vrai, qu'en sachant qu'une partie de l'enquête serait conduite – évidemment – par les Néerlandais, les services secrets russes – sa branche militaire, le GRU – ont paniqué et tenté plusieurs fois de récupérer des infos ou de « hacker » la commission d'enquête.

Les Néerlandais ne lâchent rien ?

Les Russes, comme l'Europe d'ailleurs, ont toujours en tête l'obstination néerlandaise vis-à-vis de la Serbie. En juillet 1995, fuyant Srebrenica, des milliers de bosniens musulmans se sont mis sous la protection du contingent néerlandais qui n'a pas su les protéger.

Cette humiliation de leur armée, les Néerlandais ne l'ont jamais oubliée.Aussi, lorsque la Serbie, mais aussi la Croatie, ont voulu commencer les négociations d'adhésion à l'Union européennes, les Pays-Bas ont opposé leur veto.

Tant que ces deux pays ne livraient pas leurs criminels de guerre. Jusqu'au dernier, Radko Mladic, livré en 2011. Donc, lorsque l'on parle en France de lever les sanctions imposées à la Russie, on papote : il y aura toujours les Néerlandais pour dire : NON

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