Il est fils, petit-fils et arrière petit-fils de premier ministre. Il est l'espoir de la dynastie des Nehru-Gandhi qui domine la politique indienne depuis 72 ans. Pourra-t-il gagner ces législatives ? Rien n'est moins sûr !

On part en Inde ce matin, pour clore la campagne électorale. Je passe sur les chiffres qui sont toujours impressionnants : 900 millions d'électeurs, sept phases électorales réparties en 6 semaines. La dernière s'est achevée hier et les résultats sont attendus pour jeudi 23 mai : dans quelques jours.

Passons aussi sur le candidat principal : l'actuel Premier ministre indien, Narendra Modi. C'est la star incontestée de ces élections, l'homme à battre par l'opposition.

Et l'opposition, c'est le vieux parti du Congrès, 133 ans d'âge qui a dirigé le pays pendant l'essentiel des 72 années depuis l'indépendance, ce parti qui a été humilié par Modi, et son parti le BJP, en 2014.

Rahul, l'espoir des Nehru - Gandhi

Rahul c'est l'enfant chéri de la politique indienne : 48 ans, un physique de star de cinéma bollywoodien, et un impeccable pedigree : fils, petit-fils et même arrière petit-fils de 1er ministre.

Il est devenu l'obsession de Narendra Modi, qui a fait toute sa campagne en se focalisant sur son nom et sa personne.

Mais quand je dis « enfant chéri de la politique indienne », il est surtout l'enfant chéri des grands médias de Bombay ou de Delhi qui n'ont d'yeux que pour lui et méprisent Narendra Modi.

Une bulle médiatique façon Hillary Clinton

C'est exactement ce qui est en train de se passer : une sorte de bulle « à la Hillary Clinton » s'est formée autour de ce candidat si glamour et qui a oublié l'essentiel : 1/ Narendra Modi reste populaire 2/ le parti du Congrès revient de très très loin.

Or les attaques contre Rahul Gandhi font mouche. Depuis des années, le BJP l'appelle « pappu » - c'est-à-dire le gosse, le gamin -, histoire de l'infantiliser, de le renvoyer à son état de fils à papa, ou plutôt de fils à maman et le frère de sa grande sœur.

Or, la maman de Rahul Gandhi, Sonia, est italienne – c'est à dire étrangère - et sa grande s?ur, Priyanka a toujours été la plus capable des deux. Mais elle a dû s'effacer devant son cadet qui n'avait pour seul avantage que le sexe.

Une campagne ratée et un candidat sans volonté

En fait, Rahul Gandhi est tombé dans le piège du BJP et s'est mis à taper dur sur Narendra Modi, en l'accusant de corruption.

Le problème est que personne n'y croit en Inde : Narendra Modi est un moine-soldat qui a fait v?u de chasteté et de  frugalité. Rahul a donc dû changer de stratégie en urgence :

Depuis quelques semaines, il touche les gens, parle sans prompteur et professe l'amour de son prochain et des plus pauvres. Mais au delà, on n'est même pas sûr qu'il veut le job. Son calcul, c'est plutôt 2024, les prochaines élections. Alors dans des conditions comment remporter des élections législatives cruciales ?

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