Une vieille photo scientifique montrant des biologistes sur le perron d’un labo. Trente-huit scientifiques exactement, tous spécialistes de mammifères marins et une femme noire au milieu à peine visible, noyée dans cette marée d’hommes. Tous les hommes ont droit à leur nom, sauf elle.

On croirait une sorte de roman policier 3.0, et c'est exactement cela. C'est le New York Times qui raconte cette histoire que j'ai trouvé assez belle pour être racontée ce matin. Tout commence dans l'ennui d'une bibliothèque américaine.

Candide Jean Andersen faisait des recherches sur la Convention sur la protection des mammifères marins de 1972. Il y a plus passionnant comme sujet de recherche, non ? Elle s'adresse donc à l'administration fédérale pour les océans et l'atmosphère.

Au passage, c'est peut-être le nom de ministère le plus improbable qui soit ! Bref, on lui fournit des dizaines de pages de notes et traités et, au milieu de tout cela, une photo des participants à la Conférence internationale de 1971 sur la biologie des baleines. En regardant la photo, notre chercheuse se rend compte que, comme d'habitude, il n'y a que que des hommes. Après tout, se dit-elle, la photo à 50 ans alors, rien d'étonnant.

Sauf qu'en regardant de plus près, elle remarque qu'au deuxième rang, cachée derrière des messieurs très satisfaits d'eux-mêmes, un visage de jeune femme noire avec un bandeau blanc dans les cheveux. Une femme mais surtout, pas de nom dans la légende. Tous les hommes sont dûment nommés mais pas elle ! Ce qui, même à 50 ans de distance, est une sacrée muflerie. Notre chercheuse fait donc ce qu'on fait aujourd'hui : elle se tourne vers les réseaux sociaux, en l’occurrence Twitter pour trouver l'inconnue.

Il a fallu un peu de temps et quelques fausses pistes : mais finalement, quelqu'un lui donne un prénom, puis un nom : Sheila Minor Huff, qui a aujourd'hui 71 ans, est l'heureuse grand-mère de cinq petits enfants et vit toujours en Virginie. 

Mais ce qui est passionnant, c'est le parcours de cette biologiste qui a fait toute sa carrière dans cette fameuse administration au nom si poétique. D'abord, Mme Huff a fait de brillantes études de biologie.

La première fois qu'elle a tenté d'entrer dans l'administration américaine, on lui a tout naturellement proposé un boulot de gratte-papier. Ce à quoi elle a répondu à l'époque : « j'ai fait de trop longues études pour être votre secrétaire monsieur ». Elle a donc attendu quelques années d'études en plus avant d'obtenir un poste à la mesure de ses compétences. 

Quand à la photo, elle a eu cette simple remarque : est-ce si important que l'on sache qui je suis sur cette photo ? ». Oui, Madame, c'est important !

En Australie, la visite agitée du premier ministre cambodgien

Hun Sen est solidement installé au pouvoir depuis 1979 et l'on sait que la démocratie n'est pas son fort, à Hun Sen. Il s'y est essayé en 2013 et a failli perdre le pouvoir. La leçon a été reçue 5 sur 5 et depuis, il fait emprisonner et poursuivre tous ses opposants. Il est même devenu un peu caractériel, Hun Sen. Au point de menacer tous ceux qui oserait le défier, en brûlant par exemple une effigie de lui, même en terre étrangère : craignez le courroux et les représailles de ses partisans.

C'est le mot de trop. D'une part, il s'est fait reprendre par les autorités australiennes, qui n'ont pas apprécié et on les comprend, mais d'autre part cette provocation a entraîné des manifs à l'occasion de toutes ses sorties officielles.

Cela fait donc quelques jours qu'en Australie, où vit une forte communauté cambodgienne en exil, on brule des effigies en carton, en peluche, en t-shirt de Hun Sen à Melbourne, à Victoria, bref dans tout le pays : fallait pas l'inviter Hun Sen qui est furieux !

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