Les Britanniques négociaient depuis des mois avec l'Afrique du sud un accord de libre échange post "Brexit". Chou blanc : les négos ont échoué. Décidément, rien ne réussit à Londres.

Ça fait des mois que le monde entier est focalisé sur Londres et Bruxelles. A bon droit d'ailleurs : après tout, la Grande-Bretagne veut sortir de l'Union européenne et l'UE, c'est à Bruxelles que ça se négocie.

Sauf que, pendant que Theresa May négociait sans négocier tout en négociant et que le Parlement britannique décidait sans décider tout en décidant, les ministres britanniques cherchait à conclure à travers le monde des accords commerciaux post-Brexit.

C'est de bonne guerre. Jusqu'à présent, c'est l'Union européenne qui parlait commerce au nom de la Grande-Bretagne. Puisqu'il y a Brexit, il faut que Londres envisage l'avenir... seul... tout seul... mais libre ! Enfin, c'est ce que pensait les Brexiters.

L'Afrique du Sud dit non !

C'est un test grandeur nature ! L'Afrique du sad, par exemple, est une ancienne colonie britannique. Elle appartient au Commonwealth. C'est la 1ère économie du continent. Donc Londres est entré en négociations avec Pretoria et surtout avec de grands espoirs.

D'autant que l'Afrique du Sud est au cœur d'une petite union monétaire, le Sacu, avec la Namibie, le Lesotho et le Swaziland. Le Mozambique s'ajoute a cet ensemble pour les accords commerciaux. Donc une vraie négo dans une aire d'influence britannique.

Et l'on a appris hier que ces négociations... avaient échoué. Lamentablement puisque c'est trop tard pour faire approuver un texte par l'actuel parlement sud-africain. Il faudra maintenant attendre le résultat des élections législatives du 8 mai prochain.

Attendre pour voir

Je ne vais pas entrer dans les détails, mais grosso-modo l'Afrique du Sud et ses partenaires ont jugé qu'il était urgent d'attendre... le Brexit, tout bêtement. Histoire de voir à quelle sauce les Britanniques allaient être avalés par Bruxelles.

Toujours ces satanés Européens ! Ce n'est pas la seule déception des Britanniques : ils ont négocié aussi avec Washington qui les traite comme des nains ! Par exemple, Trump exige que la Grande-Bretagne laisse entrer tous les produits agricoles « made in USA ».

Boeufs aux hormones, poulet désinfectés à l'eau de javel et céréales garanties OGM inclus ! Et en échange... euh... rien ! A si, les Américains exigent que les Britanniques ne se rapprochent pas trop de Pékin qui, justement, serait bien intéressé par un accord !

Pékin veut en profiter, Oslo signe

Il suffit de lire le Quotidien du Peuple, l'organe central du Parti communiste chinois : « le Brexit ajoutera probablement au désir de Londres de conclure dans l'urgence des accords de libre échange ». En clair, profitons-en pendant qu'il est encore temps.

Mais pour être tout à fait juste, soulignons que la Grande-Bretagne a tout de même réussi à conclure deux accords commerciaux post Brexit. Et pas plus tard qu'hier ! Avec... tenez-vous bien... l'Islande 300 000 habitants et la Norvège... 5 millions !

Je reconnais que ce n'est pas avec Oslo et Reykjavik que la Grande-Bretagne se sortira d'affaires. Comme le disait l'Observer : les Brexiters ont commis l'exploit de faire plier le genou à la Grande-Bretagne, et ce pour la 1ère fois depuis Guillaume le Conquérant.

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